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Un heureux évènement - la critique

Elle a fait un bébé à deux

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La maternité dans tous ses états par le réalisateur du Premier jour du reste de ta vie. Une fantaisie familiale à réserver principalement aux mamans ou aux (futurs) jeunes pères de famille.

L’argument : « Elle m’a poussée dans mes retranchements, m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à l’absolu : de l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon. Elle m’a disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ? Pourquoi on n’en parle pas ? ». Un heureux événement ou la vision intime d’une maternité, sincère et sans tabous.

Notre avis : Un drôle de film. L’adaptation du roman d’Eliette Abecassis (Un heureux événement aux Editions Albin Michel), écrit durant et après la grossesse de l’auteure, bouquin obsédé par la maternité, les hormones, les changements physiologiques et les relations matrimoniales aux différents stades de cette aventure, aurait dû être réalisée par une femme avec enfant (dixit le dossier de presse). Mais non, c’est bien Rémi Bezançon - cinéaste sans môme -, qui s’est porté volontaire pour mettre au monde le film. Il a embarqué dans cette épopée conjugale sa femme, co-scénariste (et donc épouse sans enfant), son acteur désormais fétiche, Pio Marmaï, et la belle blonde Louise Bourgoin, tous deux vierges dans le domaine... Bref, le roman de l’apprentissage à la maternité dans toute sa complexité devient au cinéma l’initiation de toute une équipe. Bezançon, toujours à l’aise dans l’évocation du couple (Ma vie en l’air) et la complexité des rapports familiaux (Le premier jour du reste de ma vie), soigne la réalisation avec toute la fantaisie qu’on lui connaît, ce qui colle bien à l’immaturité des deux protagonistes qui découvrent les affres du premier bébé. Quant à la finesse des dialogues et la justesse de l’interprétation, elles apportent une légitimité au film. Mais si le propos se veut universel (quel couple ne connaît pas de crises et de dépressions après la naissance du chérubin ?), sous cette forme pop romantique un peu superficielle propre aux légèretés de la comédie tendance, il touchera surtout les jeunes femmes et éventuellement certains papas, immédiatement concernés par le sujet. Les autres, entre deux réflexions sur l’allaitement et les sempiternelles rencontres avec les belles-mamans (Balasko et Gabrielle Lazure) qui ne sont pas sur la même longueur d’onde, risqueront de trouver le temps un peu long et préféreront revoir le glaçant et ultra réaliste L’étranger en moi, sorti dans l’indifférence totale du grand public en 2011.

Frédéric Mignard




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