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Un homme est mort - la critique + test DVD

Tel est pris qui croyait prendre

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- Durée : 1h46mn
- Année de production : 1972

Etrange polar que ce film de Jacques Deray, à la fois profondément ancré dans la tradition d’un genre balisé et original par son cadre.

L’argument : Pour rembourser ses dettes, Lucien Bellon accepte de tuer le milliardaire Victor Kovacs. Une fois son contrat rempli, il est pourchassé par un tueur à gages qui doit l’éliminer.

Notre avis : Souvent encensé par les critiques de l’époque, Un homme est mort souffre pourtant de défauts notables issus de sa gestation hors norme. Effectivement, le producteur Jacques Bar, le scénariste Jean-Claude Carrière et le cinéaste Jacques Deray se sont tout d’abord rendus à Los Angeles afin de tourner l’adaptation d’un roman policier. Au dernier moment, l’affaire n’a pas pu se conclure avec les studios et les trois compères, loin de s’avouer vaincus, ont décidé de tourner un scénario original sur place. Il a fallu moins de quinze jours à Jean-Claude Carrière pour écrire le script de cet Homme est mort, tourné dans la foulée avec quelques vedettes américaines disponibles et un Jean-Louis Trintignant appelé à la rescousse.
Autant dire que c’est justement au niveau du scénario que le bât blesse puisque l’histoire narrée est d’un classicisme qui confine au manque d’imagination. Apparaissant comme un prétexte, l’intrigue basique consiste en une simple course-poursuite entre tueurs à gages, à peine pimentée par un rebondissement de situation que l’on voit venir de loin (l’identité des commanditaires ne fait guère de doute). D’où vient alors l’intérêt de cet énième polar à formules ? En fait, le film tire son originalité de son décor américain. Véritable personnage à part entière, la ville de Los Angeles est filmée sous toutes ses coutures, des buildings du centre-ville jusqu’aux plages de Santa-Monica en passant par les quartiers interlopes de Downtown. Ainsi, la cavale de Trintignant semble un prétexte pour radiographier une certaine Amérique, parfois idéalisée dans sa fascinante modernité, parfois contestataire (les hippies ou les Hells Angels).
Parfois ennuyeux et irritant dans son classicisme forcené, parfois passionnant et fascinant dans sa volonté de coller à un genre tout en l’épurant, Un homme est mort est une œuvre hybride, ni franchement commerciale, ni auteurisante. Elle résonne plutôt comme l’hommage sincère d’un homme envers un pays qui l’a fait rêver dans sa jeunesse par le biais des westerns et polars venus d’Hollywood.


Le DVD

Une édition honnête d’un petit classique du genre.

Les suppléments

On commence la section bonus par un entretien de cinq minutes avec Jean-Claude Carrière qui nous indique l’improbable gestation de son scénario. Puis, Jacques Bar revient, en huit minutes passionnantes, sur le projet, sa réalisation et son impact sur les critiques. Très court, ce programme se révèle pourtant très informatif. Le spectateur peut ensuite consulter la longue bande-annonce d’époque, ainsi que des filmographies du cinéaste et des acteurs.

Image

Si les nombreuses séquences extérieures bénéficient d’un master propre pour un film si ancien, on est moins convaincu par les scènes en basse lumière. Dès lors, la copie révèle un certain manque de contraste et de fluidité.

Son

La seule piste disponible est un mono français d’époque qui ne fait pas d’étincelles. Parfois parasité par des bruits d’ambiance, l’ensemble est suffisamment précis pour ne pas entraver la compréhension des dialogues, de toute façon peu nombreux.

Virgile Dumez

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