Accueil > Les réalisateurs > B > Bennett, Bill > Uninhabited - la critique

Uninhabited - la critique

Sous la plage, le navet

Acheter sur Priceminister

Survival surnaturel sur une île paradisiaque. Budget réduit pour bonnes idées qui se sont fait la malle.

L’argument : Harry et Beth souhaitaient des vacances d’un autre genre, loin de toute civilisation. Un bateau les dépose pour quelques jours sur une île inhabitée sur la Grande Barrière de Corail. Inhabitée sur le papier... Leur paradis va se transformer en un cauchemar inattendu.

Notre avis : Le nombre de série B insulaire, se déroulant sur des îles inhabitées où le naufrage des uns ou les vacances exotiques des autres tournent à la tuerie, pourrait occuper un vrai pan de mur au rayon de votre vidéo-club. C’est que ce sous-genre de survival est toujours un bon plan pour les producteurs en mal de budget. On débarque sur la terre ferme avec une équipe réduite à peau de chagrin et l’on tourne sans scénario au gré de l’improvisation que les lieux déserts inspirent... Dans le cas d’Uninhabited, les acteurs principaux sont deux, oui, vous avez bien lu deux, et non pas un groupe entier d’ados échoués sur le sable doré pour cadencer le récit... Un couple qui savoure sensuellement le rivage fin et la mer bleutée, pour batifoler sous la caméra suresthétisante du cinéaste qui confond gravure de mode et cinéma pour jeunes. Le problème, c’est que le réal ici, c’est quand même Bill Bennett, le petit malin australien qui nous avait surpris deux fois dans le passé avec Backlash en 1988 et Kiss or Kill en 1997. On comptait sur lui pour ranimer le genre un peu exsangue du survival australien, mais que dalle, l’estampille "inspiré d’une histoire vraie" touche le fond quand les tourtereaux tombent sur des rednecks malvaillants qui les épient sur cette île de la Grande Barrière de Corail, qu’on leur avait vendue inhabitée, puis, il attaque carrément la falaise quand il bascule l’intrigue dans le surnaturel avec vengeance spectrale nawak. Dans les bonus du DVD le réalisateur prétend s’inspirer de souvenirs de voyage... Cette fois-ci il aurait mieux fait de perdre la mémoire avant de se saisir de sa caméra.

Frédéric Mignard