Durée : 1h50mn
Titre original : Solo quiero caminar
Sortie du DVD : 25 août 2010
Malgré une excellente réalisation,
cet inédit venu d’Espagne ne convainc pas vraiment à cause d’un script emberlificoté dans d’inutiles digressions. Ennuyeux et vain.
L’argument : Félix, un trafiquant de drogue fait affaire avec la mafia chinoise. Ana, sa femme, est une prostituée qui aime l’argent. Depuis sa cage dorée, entre l’alcool et les coups de son mari, Ana a conçu un dangereux plan pour doubler Félix et son gang. Si elle y parvient, elle tiendra enfin sa revanche. Mais la belle pourrait bien y laisser sa peau.
Notre avis : Remarqué sur le plan international grâce à son tout premier film (Personne ne parlera de nous quand nous serons mortes en 1995) et plus récemment grâce à son Capitaine Alatriste, le réalisateur madrilène Agustin Diaz Yanes est revenu en 2008 à son genre de prédilection, à savoir le film de gangster référentiel, saupoudré de séquences trash. Entouré d’une équipe technique de première qualité, il livre un film à la réalisation impeccable. La très belle photographie de Paco Femenia (primé par un Goya largement mérité), la grâce des mouvements d’appareil et le jeu d’acteurs tous impeccables (Victoria Abril, toujours à l’aise dans le décalage) laissent entrevoir ce qu’aurait pu être ce Solo quiero caminar si Agustin Diaz Yanes avait pris autant de soin à écrire un scénario cohérent qu’à composer ses plans.
Suivant le parcours de quatre femmes perdues au milieu de gangsters particulièrement machistes, le réalisateur ne parvient à nous intéresser à aucun de ses personnages.
En se concentrant sur ses mouvements de caméra, il en a oublié de raconter une histoire et de développer la psychologie de protagonistes qui semblent n’être que des pantins aux mains d’un artiste-démiurge. Incapable de suivre le fil d’une seule intrigue, le cinéaste perd le spectateur dans un dédale de digressions plus ou moins réussies, toutes vouées à l’échec puisque le long-métrage ne débouche sur aucune idée maîtresse, ni aucune thématique réelle. Pire, l’ensemble devient prodigieusement ennuyeux, et ceci malgré les efforts répétés de Yanes pour dynamiser son film. Aussi brillant sur le plan formel que creux sur le plan thématique, Venganza n’a le droit en France qu’à une sortie directe en DVD. Vu le résultat final, on comprend mieux pourquoi.
Les suppléments
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Outre la traditionnelle bande-annonce, l’éditeur nous propose de suivre durant 27 minutes un making of promotionnel où tout le monde se congratule sur le modèle des featurettes américaines. Autant dire que l’exercice, lassant et ennuyeux, n’est guère probant et n’apporte que fort peu d’informations au spectateur.
Image
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C’est assurément le point fort de cette édition puisque l’image est tout bonnement parfaite. A la fois précise, colorée et d’une belle fluidité, elle fait parfaitement honneur au film qu’elle présente, ainsi qu’au support DVD. Un grand bravo à ce niveau.
Son
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L’éditeur a eu l’excellente initiative de privilégier la version originale sous-titrée qui bénéficie d’une piste stéréo, mais également d’un beau et puissant DTS 5.1. La version française, moins percutante et au doublage plus problématique, a tout de même le droit à une version 5.1. mais Dolby Digital.
Quelques informations sur Agustin Diaz Yanes.