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Vera Cruz - la critique

Goldfingers

Note moyenne des internautes :

Les aventures picaresques d’une paire d’anthologie dans un western qui dynamite les codes du genre.

L’argument : 1866. Deux aventuriers se rencontrent au Mexique et décident de faire équipe. Capturés par les troupes de l’empereur Maximilien, ils acceptent d’escorter le carrosse d’une comtesse. Jusqu’au moment où ils se rendent compte que celui-ci est chargé d’or. Ce sera alors une lutte sans merci pour qui s’emparera du trésor...

Notre avis : Que de surprises dans ce western ! Tout d’abord une paire de fameux comédiens : Burt Lancaster et son sarcastique sourire Pepsodent (la mimique est gravée à jamais dans les neurones des cinéphiles) ; Gary Cooper qui ose casser son image pour aborder, enfin, un rôle de méchant garçon (toutes proportions gardées : il se ressaisira à la fin du film, soyons rassurés). Cette paire d’anthologie formant un duo pétaradant vaut à elle seule le déplacement. Mais ce n’est pas tout. Robert Aldrich dont ce n’est que le quatrième long métrage - il a fait ses débuts un an plus tôt, en 53, on tournait de manière stakhanoviste à l’époque - se permet de dynamiter les codes du genre. Tout comme l’année suivante il pulvérisera ceux du film noir avec En quatrième vitesse (Kiss me deadly). Grand rénovateur du cinéma hollywoodien, ce réalisateur encore débutant mais déjà de génie ose s’affranchir des contraintes qui brident ses aînés.
Grâce à un scénario bien huilé - il a été comparé à un mouvement d’horlogerie par Truffaut - Aldrich fait mouche à tous les coups. Prouvant ainsi qu’il a assimilé les leçons du cinéma classique, il peut se permettre toutes les audaces. Côté technique, il nous surprend par la modernité de ses gros plans hiératiques et le traitement qu’il réserve à un paysage à la violente aridité (une utilisation formidable du cinémascope). Côté moralité, il fait le pied de nez à la "bienpensance" qui étouffe alors le cinéma d’outre-Atlantique, et en particulier le western avec ses héros vertueux et ses histoires édifiantes. Ambition, cupidité et trahison, voilà les ressorts qui animent nos deux crapules. Il semblerait que Sergio Leone ait tété le biberon préparé par papa Aldrich, tant ce Vera Cruz vous a des airs de western spaghetti, l’humour ravageur en plus. De fait, Aldrich a bel et bien inventé un nouvelle manière d’aborder le sujet, sur le fond autant que sur la forme. La preuve qu’il mérite plus qu’amplement sa réputation de formidable défricheur du cinéma des années 50.

Marianne Spozio

Biographie

Robert Aldrich, le défricheur

L’homme qui a dépoussiéré le cinéma hollywoodien des années 50.

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Les avis des internautes

 

> Vera Cruz

Par ivanovitch2a

Curieusement, Vera Cruz est le premier western réalisé dans le style de la fin des années 60 : héros cyniques, humour, critique ascerbe de la révolution qui ne semble n’engendrer que des profiteurs de guerre au détriment des population oprimées. Les deux seuls éléments qui nous ramènent aux années 50 est la photographie (encore un peu lisse) et l’âge de Lancaster. Mais ici la révolution westernienne se met en marche et l’on retrouve certaines tendances chères à Léone ou Peckimpah : Héros mal fagotés, héroïne manipulatrice, fin d’une époque. Les héros sont (...)

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