Durée : 1h41mn
Linklater s’essaie à l’expérimentation technique et à la narration philosophique dans un pensum animé à réserver aux post ados hallucinés.
L’argument : Un homme se retrouve projeté dans un monde imaginaire, où il fait d’étranges découvertes et des rencontres philosophiques multiples.
Notre avis : Dans cet inédit vidéo, Richard Linklater, cinéaste fourre-tout à qui l’on doit le pire comme le meilleur, testait en 2001 la technique de la rotoscopie consistant à convertir des images live en images animées informatiquement. Il préfigurait ainsi son travail récent sur A scanner darkly, qui connut le même bide au box-office, ce que l’on peut comprendre, quand on voit les produits finalisés, plus expérimentaux que commerciaux.
Le réalisateur filme ici des discussions de jeunes, beaux et philosophes, qui remplissent leurs journées à bavasser inlassablement pour satisfaire leur curiosité intellectuelle d’apprentis adultes. L’expérience est visuellement éreintante (la caméra a le trépied flageolet), chancelante (la beauté du rendu graphique est assez sommaire) et totalement artificielle, à l’image des réseaux de communications philosophiques, ampoulées et sentencieuses, qui servent de dialogues au film. Les mots fusent et abordent en vrac l’existentialisme, la dichotomie science-religion, les contraintes du temps, le rôle de l’instinct dans l’action humaine, la propagande politique, le tout dans des méandres narratifs bien peu canoniques. Le réalisme et l’onirisme s’entremêlent et nous promènent entre la vie et la mort au gré d’un montage bien amené. Mais si le boulot est consistant, il ne convainc pas pour autant. L’ennui gagne bien vite du terrain face à des discussions estudiantines hantées par les voix de la Nouvelle Vague chère au cinéaste de Before sunset.
LE DVD
Les suppléments
Vide de sens, vide de contenu, le DVD sort des années après sa distribution américaine dans une édition où les bonus sont aux abonnés absents alors que le zone 1 regorgeait de compléments (scènes supplémentaires, commentaires audios, courts, featurette).
Image & son
L’image étant entièrement synthétique, sa restitution est parfaite. Le son Dolby Digital aussi, rachetant in extremis l’édition de ses carences en bonus