Méconnu des jeunes cinéphiles, l’un des plus radicaux des cinéastes allemands vient de s’éteindre à l’âge de 65 ans.
Particulièrement actif dans les années 70 et au début des années 80, époque où il était l’une des figures de proue de la nouvelle vague allemande, le cinéaste Werner Schroeter, également grand metteur en scène de théâtre, est surtout connu pour ses films Le règne de Naples (1978), Palermo (1980, Ours d’or à Berlin) et Le jour des idiots (1981).
Radical, baroque, extravagant, parfois même au bord de l’hystérie, son cinéma emprunte aussi bien au théâtre qu’à l’opéra, et met souvent en avant des femmes en décalage avec le monde hostile dans lequel elles évoluent.
Schroeter aimait beaucoup se confronter aux autres cultures, tournant aussi bien en Italie qu’en France. Son dernier film, Nuit de chien, une adaptation de l’écrivain urugayen Juan Carlos Onetti, a été présenté à Venise en 2008, où le cinéaste, déjà diminué par la maladie, reçu un prix des mains de Wim Wenders pour l’ensemble de sa carrière. Il tourna cette coproduction franco-allemande, avec des comédiens français, à l’image de Deux (2000), l’une de ses deux rencontres avec la comédienne Isabelle Huppert, qu’il avait poussée dans ses retranchements en 1991 dans le surréaliste Malina. Il avait aussi dirigé Carole Bouquet dans Le jour des idiots.
Le cinéaste allemand Werner Schroeter est mort lundi 12 avril des suites d’un cancer de la gorge. Il venait d’avoir 65 ans le 7 avril dernier.
Nuit de chien
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