Un nouveau chapitre des aventures de Winnie l’Ourson pour une nouvelle décennie ? John Lasseter producteur veille aux grandes traditions Disney avec le succès juste de l’enchantement.
L’argument : L’ourson philosophe « de peu de cervelle » et ses amis Tigrou, Coco Lapin, Porcinet, Grand Gourou et Petit Gourou 6 et bien sûr Bourriquet, le petit âne qui a perdu sa queue, sont envoyés par Maître Hibou dans une folle équipée pour sauver Jean-Christophe d’une culpabilité imaginaire.

Notre avis : Dans l’animation pour les tous petits, elle s’adresse aux 3-7 ans, la franchise des Winnie l’Ourson représente indéniablement le haut du panier. La beauté des traits de l’animation traditionnelle, donc, réalisée principalement à la main, captive sans agression et nous fait découvrir un monde champêtre d’un autre âge. On plonge littéralement dans le conte, constitués de mots palpables sur lesquels rebondissent les personnages, notamment lors de l’apparition des pages où vagabondent nos amis. Le flou autour de la nature des personnages participe à la poésie du film. Alors que le cinéma les anime, on nous rappelle aussi l’origine littéraire des protagonistes et leur statut purement fictif. Similairement le premier plan renvoie à une réelle chambre d’enfant et aux créatures de la Forêt du rêve bleu qui apparaissent pour la première fois sous la forme de vieux jouets pelucheux.
Incroyablement fin dans sa volonté didactique, Winnie l’Ourson veut émerveiller par l’éveil. Les jeux de mots de Maître Hibou - qui fait toujours de l’esprit - et les contresens de lecture de ce dernier font naître des mésaventures exquises qui précipitent nos compères à la recherche du jeune garçon, Jean-Christophe, qu’ils croient, d’après une note manuscrite, séquestré par l’affreux Poil-Long alors qu’il est tout simplement parti quelques heures et que ce ne sera "pas long".
Sans artifice, sans apparition inutile de personnages nouveaux et surtout sans jamais se nourrir des modes (écologie...), le nouveau chapitre d’une franchise vieille au cinéma de quatre décennies, ose bercer l’enfant de ses valeurs artistiques surannées. Il s’agit de perpétuer la tradition d’un conte au rythme lent des saisons, où vert pâturage et forêt de fantasme représente le gros d’un décor immuable où l’on aime se plonger.
L’ambiance ouatée et la beauté des sentiments exprimés, mélangées à des trouvailles constantes pour provoquer le rire des enfants - point de gag scatologique pour susciter les éclats -, font de cette production John Lasseter, le père de Pixar, un vrai délice pour les plus jeunes et leurs parents. On est bien à des univers de celui exécrable de Yogi Bear qui rime pour les plus grands avec calvaire. Winnie l’Ourson est bien plus trognon.
La bande-annonce : ICI
