Ce troisième volet, le plus faible de la saga, est un véritable festival de pyrotechnie, efficace à défaut d’être palpitant ou émouvant.
L’argument : Dans le chapitre final de la trilogie X-Men, les mutants affrontent un choix historique et leur plus grand combat... Un "traitement" leur permet désormais d’échapper à ce qu’ils sont. Ils peuvent conserver ce qui fait leur caractère unique mais leur vaut la défiance et la méfiance de l’humanité, ou bien abandonner leurs pouvoirs et devenir des humains à part entière. Les points de vue opposés des leaders des mutants, Charles Xavier, qui prêche la tolérance, et Magneto, qui croit à la survie des plus adaptés, sont plus que jamais incompatibles et vont déclencher la plus acharnée des batailles.
Notre avis : La catastrophe annoncée lors du remplacement de Bryan Singer par Brett Ratner (Rush hour, 1998) aux commandes de ce dernier volet de la trilogie n’aura pas lieu. Pour autant, les fans de la saga ne doivent pas trop vite crier victoire, car si le nouveau cinéaste ne sabote pas totalement le travail de son prédécesseur, il ne lui apporte pas grand-chose non plus. Loin de la mise en scène très classe de Singer, Ratner se contente de suivre platement les aventures toujours aussi incroyables d’une poignée de mutants aux pouvoirs extraordinaires.
Après un prégénérique aussi inutile que franchement raté et l’apparition d’un titre au logo déjà ringard, les scénaristes retrouvent un certain nombre de personnages issus des deux premiers films et explorent à nouveau leurs tourments intérieurs. Pourtant, préférant la surenchère à l’approfondissement, ils choisissent de nous présenter toute une nouvelle galerie de mutants dont on se demande parfois ce qu’ils viennent faire dans le film (la présence inutile d’Angel reste un mystère), tandis que certains personnages centraux sont carrément expédiés en quelques scènes (qu’arrive-t-il exactement à Cyclope ?). Les dialogues font parfois penser à une sitcom et, rapidement, le cinéaste noie le poisson en se lançant à corps perdu dans les séquences d’action. Il faut reconnaître que le festival de pyrotechnie est parfaitement réussi et que de nombreuses scènes sont spectaculaires, histoire d’en donner pour son argent au spectateur peu regardant. Mais, une fois tous ses jouets cassés, Brett Ratner se révèle incapable de créer une réelle émotion, alors que la saga devait se terminer sur l’épisode le plus dramatique de la bande dessinée dont elle est tirée. Finalement, si le spectacle reste une fois de plus regardable grâce à une histoire assez originale, X-men, l’affrontement final n’est pas pleinement convaincant à cause de choix artistiques douteux, d’une mise en scène trop anodine et d’une durée excessivement courte par rapport aux enjeux narratifs. Assurément le segment le plus faible des trois.

Le DVD
Le(s) supplément(s) à ne pas rater : Pléthore de bonus inégaux pour cet ultime chapitre raté. Commençons par les bonnes surprises avec les scènes inédites. Quelques-unes, plutôt réussis mais bizarrement écartées, ont retenu notre attention comme la baston entre Juggy et Wolverine, la vague de Tornade ou encore le long pano circulaire sur la furie de Phoenix. Les trois fins alternatives en revanche ne valent pas tripette. Autre bonne surprise, l’Anatomie d’une scène : le Golden Gate Bridge qui revient en long et en large sur la jolie destruction du pont de San Franscico (il s’agit du seul module qui s’attarde sur les effets spéciaux du film). Les néophytes pourront rattraper leur retard avec X Men, évolution d’une trilogie, documentaire carré qui rappellent les bases de la franchise. Idem avec les vignettes concernant chaque personnage. La grosse déception provient du Journal de production de Brett Ratner, gigantesque bordel mal monté, mal fichu, peu informatif et usant à la longue. Si on entrevoit l’ampleur de l’entreprise, on saisit mal l’organisation de cette logistique, les enjeux artistiques, la gestion des acteurs, la fabrication des effets visuels. Bref, on se lasse vite de voir le gros Ratner gesticuler dans tous les sens et brasser du vent. On passera aussi sur ses commentaires audios sans grand intérêt (à part pour les fans de Rush hour). Enfin, la featurette L’engouement continue est trop promotionnelle pour être supportable.
Image & son : FPE décroche la timbale avec une édition collector à la hauteur de nos espérances. Qu’il s’agisse de l’image ou du son (DTS), l’ensemble frise la perfection. La définition est cristalline, les contrastes d’une grande pureté (cf. les gros sur Phoenix en colère) et la compression excellente. Quant aux pistes audio, ça virevolte dans tous les sens ; on ne sait plus où tendre l’oreille, littéralement plongé au cœur de l’action.
Par ropib
Pour moi le meilleur de la trilogie. Les affrontements physiques montrent le côté sauvage de l’homme et inversement le côté inéluctable du processus historique. Ainsi la logique d’extermination d’un camp ou de l’autre se retrouve complètement vaine, ce qui n’est absolument pas le cas des deux premiers qui, malgré ce qu’on peut en dire, sont vraiment binaires (bim je cogne, hop je réfléchis, bim je cogne...) avec des camps hyper tranchés. Dans cet opus l’affrontement final est justement ce qui n’arrive pas : l’affrontement est évité et (...)