Critique

CINÉMA

36, quai des Orfèvres

Poisseux

Le 1er juin 2015

Un polar télévisuel sans concession ni nuance.

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  • YAYA 24 novembre 2004
    36, quai des Orfèvres

    bonsoir je sors de 36... et franchement je trouve certaines critiques dures...

    je suis sortis avec l’impression d’avoir vu un bon film noir a la francaise

    BRAVO BRAVO meme si je suis pas trop pote avec la police...

    YAYA...

  • babay 23 août 2005
    36, quai des Orfèvres

    Je trouve cette critique assez judicieuse. j’ai ressenti à peu près la même chose quand j’ai vu 36 quai des orfèvres : ça fait vraiment téléfilm.
    C’est pas mal foutu comme film, on sent effectivement que marchal sait de quoi il parle, mais c’est pas très dynamique. Ca se traine un peu dans le larmoyant.
    Les personnages ne sont pas assez subtils à mon avis. Le très vilain méchant Depardieu, et le très gentil Autueil à qui il arrive tous les malheurs du monde. Cependant, Autueil est comme à son habitude impeccable, et rien que pour lui le film vaut le coup.
    Suis embêté pour la notation. C’est ni franchement mauvais ni franchement bon... Aller je mets 2...

  • marcadet 19 février 2007
    36, quai des Orfèvres

    pas mauvais comme film mais pas de quoi hurler au génie. les français ont encore du mal à faire de vrais polars noirs et glauques comme savent si bien le faire les américains.
    Daniel Auteuil est quant à lui, comme toujours très bon.

  • alinea 19 février 2007
    36, quai des Orfèvres

    Des polars comme on aimerait en voir plus souvent... Des acteurs au top, une réelle ambiance et une embrouille qui sent le vécu. Un film réussi dans lequel on "entre" dès la 1ère seconde !

  • ggazzou 9 avril 2007
    36, quai des Orfèvres

    "Tueurs"
    Ancien flic devenu réalisateur de télévision et de cinéma, Olivier Marchal, s’essaie au polar noir qui rappelle en plusieurs points le fascinant « Heat » de Michael Mann. « 36 quai des Orfèvres » raconte le drame qui va résulter de la rivalité carriériste et humaine entre Léo Vrinks et Denis Klein, respectivement patrons de la BRI et de la BRB. Tandis qu’un violent gang de braqueurs sévit en toute impunité, ces deux fonctionnaires aux méthodes radicalement différentes s’affrontent au lieu de coopérer. L’enjeu de l’enquête est clair et simple : le flic qui mettra la bande organisée sous les verrous deviendra le nouveau directeur du 36 quai des Orfèvres ...

    Le long-métrage réunit de grands acteurs qui brillent depuis de longues années de par leur charisme, leur talent et leur expérience. Evoluant ici dans un registre tragique et désespéré, Daniel Auteuil et Gérard Depardieu campent deux hommes profondément complexes, rongés par leur profession, poursuivis par leur destin, séparés par une femme fatale malgré elle. Daniel Auteuil interprète avec douleur et sensibilité le rôle de Léo Vrinks, un flic droit et exemplaire embarqué dans les rouages d’une machination cruelle et hallucinante qui l’incite à agir contre ses convictions et sa déontologie. Face à lui, dans le costume négligé de Denis Klein, Gérard Depardieu incarne un personnage blessé, au bout du rouleau, un ripoux sans morale ni principes, prisonnier de son ambition et de sa haine envers son ancien ami devenu rival. Si Auteuil et Depardieu sont la cible privilégiée de la caméra d’Olivier Marshal, ils ne sont bien entendus pas les seuls à tirer leur épingle du jeu. Il faut aussi signaler le prestation toujours juste d’André Dussolier, impeccable en directeur de la Crim’, garant des règles de la haute administration et témoin lâche des événements. Il ne faut pas oublier non plus la présence du trop rare Roschdy Zem, comédien injustement cantonné aux seconds rôles, qui se montre très convaincant en indic manipulateur. « 36 quai des Orfèvres » souffre cependant d’un petit bémol : il est bien dommage que le film ne mette pas davantage en avant les rôles féminins et notamment la bouleversante Valéria Golino (Camille Vrinks), personnage clé et hautement symbolique qui motive encore un peu plus la confrontation destructrice entre son compagnon d’hier et son amour d’aujourd’hui.

    L’interprétation remarquable de ce thriller made in France n’en constitue pas l’unique atout. Olivier Marchal surprend agréablement par la qualité de sa mise en scène. Grâce à une photographie irréprochable et une lumière tantôt bleutée tantôt écarlate, il magnifie la beauté de la capitale, théâtre des enjeux dramatiques. Il fait se contraster les traverses silencieuses d’un Paris by night qui, en pleine journée, devient animé par une complexité bouillonnante et infernale. Il s’y joue une tragédie violente, véritable tourbillon dramatique inspiré de l’affaire Loiseau, fait divers dramatique qui vit un policier tué dans le cadre de ses fonctions dans les rues de Paris au milieu des années quatre-vingts. Le montage se révèle aussi être une réussite au niveau de la narration : il restitue efficacement l’ambiance lourde et étouffante qu’engendre cette spirale vicieuse et incontrôlable, spirale qui emmène avec elle Vrinks et Klein dans ce que l’être humain est capable de plus vil, de plus bas. La bande musicale quasi omniprésente mêlant morceaux électroniques et chœurs d’opéra souligne efficacement le caractère à fleur de peau de cette intrigue en même temps qu’elle fait référence à l’aspect universel et intemporel de cette succession d’événements absurdes et irrémédiables. Olivier Marshal a aussi su mettre en valeur les dialogues réalistes et percutants qui lui sont si chers. Débitées par de grands acteurs, les répliques délicieuses écrites avec précision pour stimuler encore un peu plus la dynamique du scénario (exemple : « la République est une vieille fille : elle n’aime pas qu’on la prenne en levrette ! ») agissent sur le spectateur tels de puissants uppercuts qui en appellent parfois aux tripes. Au même titre que ces silences oppressants et ces regards froids et soutenus lourds de sens, les dialogues ont toute leur importance dans cette longue descente aux enfers.

    Construit à la manière d’un thriller implacable et palpitant, « 36 quai des Orfèvres » interpelle par la dimension psychologique et profondément humaine de son récit. Dense, glauque, envoûtante, viscérale, cette œuvre poignante et ambitieuse mise en boîte avec maîtrise et savoir-faire par Olivier Marshal laisse augurer un avenir prometteur pour les productions hexagonales du genre. Enfin décomplexé, le polar made in France bichonné par un réalisateur révolté ose enfin concurrencer Hollywood et Hong-Kong sur un terrain qui ne leur semble dorénavant plus réservé ...

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