Critique

CINÉMA

Good bye Lenin ! - la critique du film

Le 11 août 2019

Comédie subtile sur la réunification de l’Allemagne, Good bye Lenin ! est aussi, en filigrane, la chronique doucement mélancolique d’une génération qui a cru au communisme.

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  • elodieoulisa 26 avril 2007
    Good bye Lenin ! - la critique du film

    "Queen"

    Good bye Lenin est multiple. C’est d’abord et avant tout une histoire d’amour entre une mère et son fils, ou plutôt l’amour d’un fils pour sa mère. Cette dernière, pro-communiste dans une Allemagne de l’Est dirigée par l’idéologie de l’URSS, consacre sa vie à cet idéal de l’Est. C’est surtout pour elle un exutoire à l’abandon de son mari, qui a fui sans femme et sans enfants, vers l’Ouest.
    Mais les temps changent. La jeunesse commence à s’affrancir de l’idéologie communiste et rêve d’une ouverture et d’une fraternisation avec l’Ouest. Le fils en fait partie. La mère l’apprend et tombe dans le coma.

    Pendant ce temps, l’Histoire continue. L’Allemagne est réunifiée. Lorsque la mère se réveille, le fils décide de lui offrir son rêve. Une Allemagne de l’Est accueillant l’Ouest et non l’inverse. Avec plein de petites choses, petits détails (comme la fabrication d’un journal télévisé hyper kitsh mais tellement vrai), de petites anecdotes à la Amélie Poulain, le fils rembobine le fil de l’Histoire par amour pour sa mère.

    Mais ce film est aussi l’image de la fin d’une époque, d’une utopie, d’un rêve, où il faut dire au revoir à Lenine pour mieux saluer le capitalisme, la modernité.

    Une très belle leçon d’Histoire détaillée et romancée, juste pour sourire, pleurer, et découvrir que la réunification a pu, comme le mur de Berlin, infliger des blessures intimes à ce pays voisin qu’est l’Allemagne.

  • puremorning 27 avril 2007
    Good bye Lenin ! - la critique du film

    « Queen »

    1989 : chute du mur de Berlin, symbole du bloc soviétique qui s’écroule. Avec le communisme, c’est la RDA qui implose, l’Histoire (avec un grand H) change.

    Au même moment, une petite histoire se déroule : Alex, un ado berlinois, apprend que sa mère a subi un infarctus. Elle reste dans le coma, ignorant tout de la révolution en marche. A son réveil, quelques mois plus tard, Alex veut éviter le choc brutal du changement à cette petite main communiste convaincue, dont l’une des activités principales est la sacro-sainte lettre au Parti. Il va donc travestir l’Histoire en montant toute une mise en scène autour du lit de la convalescente : Non, comme la guerre de Troie selon Giraudoux, la chute du mur de Berlin n’a pas eu lieu !

    Porté par scénario astucieux, « Good bye Lenin » est une comédie allemande à l’italienne (oui, oui !), toute en subtilités et en décalage. Doux-amer, le film se déroule au rythme de la mère, tranquillement. La réalisation est efficace, au service d’une histoire suffisamment riche pour éviter les effets.

    Il eût été si facile de cogner au burin sur un régime disparu. Il eût été si convenu de fabriquer un manifeste de ses mille turpitudes. Loin de ce manichéisme, Wolfgang Becker s’intéresse à ses personnages sans les juger. Cà et là perce même une certaine tendresse, comme dans la rédaction de ces fameuses lettres au Parti Communiste où le ridicule côtoie un dévouement et un engagement touchant.

    Au-delà des symboles, Becker raconte aussi une jeunesse - celle d’Alex, entre militantisme politique, rencontres amoureuses, absence du père - une vieillesse - celle de la mère, entre maladie et convalescence, entre rêve et désillusion - et surtout, une relation mère-fils bouleversante.

    La distribution est remarquable, Daniel Brühl et Katrin Sass en tête. Les acteurs n’en font jamais trop et c’est tant mieux.

    On connaissait l’amour qui soulevait des montagnes, « Good bye Lenin » donne à voir un amour qui rebâtit les murs ! A voir.

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