Le 20 janvier 2026
Malgré des réserves, le film séduit par l’engagement de ses interprètes et par quelques instants de poésie brute qui surgissent au détour des scènes sociales.
- Réalisateur : Akihiro Hata
- Acteurs : Issaka Sawadogo, Samir Guesmi, Damien Bonnard, Sophie Mousel, Tudor Aaron Istodor, Ahmed Abdel Laoui, Mouna Soualem
- Genre : Drame, Thriller
- Nationalité : Français, Luxembourgeois
- Distributeur : UFO Distribution
- Durée : 1h31mn
- Date de sortie : 21 janvier 2026
- Festival : Festival de Venise 2025
L'a vu
Veut le voir
Résumé : Vincent travaille au sein d’une équipe de nuit sur le chantier de Grand Ciel, un nouveau quartier futuriste. Lorsqu’un ouvrier disparaît, Vincent et ses collègues suspectent leur hiérarchie d’avoir dissimulé son accident. Mais bientôt un autre ouvrier disparait.
LIRE NOTRE INTERVIEW DE AKIHIRO HATA
Critique : Dès les premières scènes, le film installe une tension palpable dans un univers professionnel strict et codifié. Damien Bonnard, intense et retenu, incarne un personnage confronté à des dilemmes moraux qui traversent le quotidien de son environnement de travail. Sa performance, à la fois brute et mesurée, donne chair à cette plongée dans une réalité sociale où chaque interaction révèle des tensions implicites entre collègues, hiérarchie et conditions de travail. La diversité des personnages enrichit le récit et apporte une singularité bienvenue, renouvelant légèrement le cinéma social contemporain, dans la lignée de Grand Central ou Météors.

- © UFO Distribution
Grand Ciel insiste sur les contrastes sociaux et les dysfonctionnements d’une entreprise du bâtiment à la devanture trop lisse, symbole d’un capitalisme uniformisé. Ces oppositions sont accentuées par une esthétique visuelle maîtrisée : chaque plan est soigneusement composé, les décors et les choix de lumière sont précis, les espaces architecturaux admirablement cadrés. Mais cette prise en main formelle crée un décalage avec la rugosité des situations vécues par les personnages. L’œil du spectateur est parfois trop sollicité par l’élégance du cadre pour être totalement immergé dans la réalité imparfaite qu’il cherche à décrire.
Même si l’on ressent un certain souffle d’originalité dans son genre et sa mise en scène, le scénario peine à surprendre. Le nœud dramatique se révèle avec des ficelles narratives trop visibles. Les intentions du personnage principal, les rebondissements et les dilemmes moraux apparaissent souvent artificiels, même si Damien Bonnard parvient à maintenir une intensité émotionnelle convaincante. Le rythme, lent et méditatif, accentue la gravité des enjeux mais souligne aussi l’excès de prévisibilité de certains passages.

- © UFO Distribution
La transition vers le registre science-fictionnel, dans les dernières séquences, surprend par son contraste avec le réalisme jusque-là installé. La disparition de certains repères physiques et scientifiques, le recours à des effets spéciaux inattendus et à une symbolique plus abstraite créent un effet de décalage qui perturbe le regard. Si l’on devine la portée métaphorique – la fragilité de la condition humaine, l’étrangeté des décisions prises face à la catastrophe –, la bascule arrive trop brusquement pour que l’impact dramatique s’impose pleinement, et elle affaiblit le poids émotionnel accumulé jusqu’alors.
Malgré ces réserves, le film séduit par l’engagement de ses interprètes (avec aussi Mouna Soualem et Samir Guesmi) et par quelques instants de poésie brute qui surgissent au détour des scènes sociales. Il laisse transparaître le goût d’Akihiro Hata pour le contraste, la rigueur visuelle et la tension morale, annonçant un univers prometteur à explorer pour ses prochains projets.
Galerie Photos
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.




















