Critique

CINÉMA

Infidèle - la critique

Remake

Le 16 mars 2009

Une reprise pas vraiment indispensable de La femme infidèle de Chabrol.

  • sajjad 20 avril 2007
    Infidèle - la critique

    "Queen" ... Habitué des thrillers dans lesquels l’érotisme tient une part importante, Adrian Lyne s’intéresse à sa manière aux rapports complexes qui existent entre hommes et femmes. Il n’est donc pas illogique qu’il ait entrepris de filmer ce remake de « La femme infidèle », œuvre originelle signée Claude Chabrol. Edward (Richard Gere), Connie (Diane Lane) et leur jeune fils forment une famille heureuse. Mais la vie maritale du couple s’enlise dans une routine qui ne semble plus convenir à cette mère et épouse qui a l’impression de perdre ses dernières belles années en femme d’intérieure tandis que son mari s’épanouit sur le plan professionnel. Aussi, lorsqu’elle rencontre un jeune bellâtre charmeur qu’elle ne laisse visiblement pas indifférent (Olivier Martinez), elle résiste dans un premier temps à ses avances mais finit par succomber à la tentation.

    Comme à son habitude, le cinéaste prouve sa fascination pour la complexité psychologique de l’être humain. Aussi, il relate avec précision la mécanique implacable qui mène cette femme belle et intelligente à succomber à la tentation d’une relation extra conjugale, amourette adultérine charnelle qui brisera son couple et sa paisible et luxueuse existence quotidienne. Adrian Lyne est visiblement envoûté par les multiples facettes qui animent cette femme torturée, épouse apparemment exemplaire qui se sent du jour au lendemain prête à sacrifier une vie de famille trop peu épanouissante pour s’abandonner corps et âme dans les bras d’un jeune et bel étalon.

    Mais Lyne ne se limite pas à aux tourments et aux aspirations des individus. Il aime assurément filmer le corps des femmes et sa caméra n’oublie pas de magnifier les courbes délicieuses de la splendide Diane Lane. Chacune des apparitions de la comédienne érotise instantanément l’écran. Pulpeuse, désirable, l’actrice illumine le film par sa prestation subtile et intelligente mais aussi par sa beauté et son élégance. Face à elle, on retrouve malheureusement un Richard Gere fade et peu inspiré dans un rôle de mari cocu auquel il n’est visiblement pas habitué. L’ex « American gigolo » se contente d’user paresseusement de son charme naturel mais surclasse cependant en tous points le piètre apport d’un Olivier Martinez de bout en bout inexpressif, perdu dans un répertoire de Don Juan qui semblait pourtant a priori lui convenir à merveille.

    Le bonheur et l’épanouissement d’une femme ont-ils plus d’importance que son sacrifice au profit de sa famille et de la société ? Amateur de tabous en tous genres, Adrian Lyne pose la question mais traite son propos de façon trop maladroite. En effet, il s’est trop appliqué à filmer la passion et le désir et en a du fait bâclé son scénario et sa réponse. Sa mise en scène mollassonne et convenue semble avoir banni de son vocabulaire tout terme synonyme du mot rebondissement. Parce que le problème d’ « Infidèle » réside dans son manque évident de rythme et de souffle. Le récit ne surprend à aucun moment et devient long et ennuyeux. Pire même, l’ambiance chaude et étouffante qui caractérise un temps la relation entre les deux amants connaît une tournure dramatique certes enfin déconcertante mais aussi et surtout intensément décevante.

    Cocktail qui marie mélodrame et sexe, « Infidèle » reste en conclusion bien trop conventionnel à l’image d’une scène finale trop courte et bâclée qui résume finalement assez bien l’esprit et le travail d’Adrian Lyne : sous prétexte d’un discours qui aurait dû prêter à réflexion, il raconte de manière trop classique une énigme qui aurait pu prétendre à un tout autre traitement narratif. Seuls le talent, la beauté et la sensualité d’une Diane Lane qui n’a jamais été aussi sublime sauvent ce long-métrage pourtant prometteur de la médiocrité. Son excellente prestation et le plaisir inlassable de voir et revoir son joli minois constituent les seuls atouts et intérêts de ce divertissement dont l’écriture a malheureusement été bien vite expédiée.

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