Le 21 mai 2026
Un drame romanesque attachant qui bénéficie de l’interprétation hors pair de Rami Malek et d’un scénario habile, mais auquel on peut reprocher son manque d’audace et de style.
- Réalisateur : Ira Sachs
- Acteurs : Rebecca Hall, Rami Malek, Tom Sturridge, Ebon Moss-Bachrach, Luther Ford, Amy Carlson
- Genre : Drame, Romance, Musical, LGBTQIA+
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Memento Distribution
- Durée : 1h35mn
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, En compétition
Résumé : New York, fin des années 1980, Jimmy George, figure iconique de la scène theâtrale, vit en couple avec le plus tendre et attentionné des amants. Mais devant la mort qui lui est promise, le désir de vivre et créer, désirer et aimer, une dernière fois, est plus fort que tout.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Ira Sachs n’est pas un réalisateur tapageur. Auteur de films aux frontières de la norme hollywoodienne et du cinéma indépendant, il a signé des longs métrages explorant les relations conjugales et familiales, de Forty Shades of Blue à Passage en passant par son film le plus célèbre, l’autobiographique Keep the Lights On. Ce film était inspiré de sa relation de couple avec l’écrivain Billy Clegg. The Man I Love est de la même veine dans le sens où le film explore les tourments de membres de la communauté gay, avec une tonalité empreinte d’un lyrisme discret. C’est le second long métrage d’Ira Sachs à être sélectionné en compétition officielle cannoise, après Frankie, avec Isabelle Huppert. Nous sommes à la fin des années 1980, dans le quartier Dowtown de New York. Jimmy George est une célébrité du théâtre, comédien et chanteur. Malade du sida, il a pour compagnon un homme attentionné qui veille énormément sur lui. Jimmy parvient encore à assurer les répétitions sur scène, à l’affiche d’une pièce du dramaturge Michel Tremblay. Mais sa santé se dégrade rapidement. C’est alors qu’il noue une relation amoureuse avec son nouveau voisin...

- © 2026 Big Creek. Tous droits réservés.
The Man I Love n’est pas un mauvais film. L’on suit sans ennui le quotidien de Jimmy, entre la routine médicale dans son appartement et les moments de solidarité entre artistes. Toute proportion gardée, les passages scéniques et échanges entre les membres de la troupe ont de faux airs d’Opening Night de Cassavetes ou du méconnu Vanya 42e rue de Louis Malle. Les extraits musicaux sont agréables et d’une belle efficacité illustrative, même si le procédé est peu novateur pour un récit voulant restituer une ambiance d’époque. Par ailleurs, Ira Sachs et son coscénariste Maurício Zacharias ont un certain talent d’écriture, notamment dans l’évocation d’une histoire amoureuse qui vient changer la donne du protagoniste, sans le côté lacrymal de Love Story. Mais le principal atout du film reste l’interprétation de Rami Malek, Oscar du meilleur acteur en 2019 pour Bohemian Rhapsody, et vu depuis dans Mourir peut attendre, Oppenheimer et Nuremberg.
Loin du cabotinage auquel il aurait pu se livrer, le comédien est d’une sobriété de jeu exemplaire, même quand Jimmy livre un numéro de transformiste ou présente des symptômes de problèmes cognitifs. Reste que The Man I Love propose un air de déjà-vu et ne brille pas par son originalité. Sur le thème des ravages du sida, l’hollywoodien Philadelphia de Jonathan Demme, Les témoins de Téchiné ou Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré sont déjà passés par là, avec davantage d’impact. The Man I Love est souvent trop lisse et convenu, peinant à transcender les clichés surlignant les situations décrites. Sans chercher à établir une hiérarchie entre les festivals, il est permis de penser que ce film aurait eu davantage sa place aux Festivals de Sundance ou Cabourg, plutôt qu’en compétition officielle cannoise où la barre est placée haut. Au final, on se trouve face à une œuvre honnête et soignée, mais que l’on aurait souhaitée plus audacieuse.
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