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Tomboy - la critique

Tomboy, film de la semaine !


- Durée : 1h22mn

Après sa magnifique introspection de la sexualité adolescente dans Naissance des pieuvres, Céline Sciamma aborde cette fois-ci un récit initiatique d’enfant et confirme toute la finesse d’un cinéma solaire en pleine extase ! Coup de foudre.

L’argument : Laure a 10 ans. Laure est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. Action ou vérité ? Action. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michael, un garçon comme les autres... suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Laure profite de sa nouvelle identité comme si la fin de l’été n’allait jamais révéler son troublant secret.

Notre avis : Second long difficile pour Céline Sciamma après le délicat et sensoriel naissance des pieuvres, la jeune réalisatrice ayant eu beaucoup de mal à trouver le financement pour ce projet atypique et troublant, puisqu’il s’agit ici de parler de la sexualité naissante d’une "pré-ado" de dix ans qui se rêve en garçon. Tourné dans la contrainte d’un budget minuscule grâce au soutien de Pyramide Films (distributeur), de la chaîne de télévision Arte (d’où la sélection à Berlin en février dernier ?) et de la productrice Bénédicte Couvreur (déjà présente sur le premier long de la cinéaste), Tomboy (garçon manqué en français), malgré toutes les difficultés de production, est la confirmation d’un talent impressionnant, voire unique en France. Céline Sciamma, avec un sens du cadrage exceptionnel, arbore une caméra étourdissante de beauté pour filmer, un peu à la façon solaire d’un Téchiné, les troubles d’une enfance pas comme les autres.
La jeune Laure, à peine arrivée avec sa famille dans sa nouvelle ville, cherche à se connecter aux autres enfants du quartier. La coupe garçonne, elle s’invente une identité de jeune mec et devient Michael le temps de quelques après-midi de jeu, participant à des matchs de foot avec les garçons qu’elle observe avec désir... l’envie de devenir comme eux, dans le comportement, l’attitude et le paraître. Dans son refus affirmé de toute féminité, elle s’enfonce dans un mensonge tantôt drôle, touchant, et souvent dérangeant pour le spectateur, toujours dans l’expectative d’un drame imminent que la cinéaste, loin d’une problématique racoleuse de talk show, dissipe avec pudeur.
Avec une perspicacité que bien peu de cinéastes ont réussi à manifester à l’écran quand il s’agit de décrire les relations des enfants entre eux, la cinéaste s’insinue dans la confusion des genres telle qu’elle est vécue par la jeune fille, avec une finesse à fleur de peau. Elle fait montre d’une compréhension dans son approche des langages enfantins - qu’ils soient corporels, gestuels ou verbaux - qui confère à son film une émotion sincère, jamais putassière.
Débarrassée des stéréotypes sur la jeunesse qui inondent le cinéma, elle s’intéresse à l’évolution psychologique du jeune individu à travers sa socialisation. Ses joies, ses attirances, ses doutes, ses peurs, ses regrets. Pour ne pas saborder son film, elle ne recourt jamais à la radicalité de ton et à l’âpreté de l’évènement. Il ne s’agit pas d’inculquer un semblant de manichéisme dans le caractère des jeunes protagonistes, frais et spontanés, qui doivent tous, à leur façon apprendre à se conformer aux impératifs sociaux, même s’ils doivent, pour cela, apprendre à se réprimer et donc à se faire violence.
L’exercice est tellement juste et émouvant que le spectateur n’est pas prêt de l’oublier. Tout simplement le film de la semaine.

Frédéric Mignard

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Les avis des internautes

 

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Par Jujulcactus

Céline Sciamma signe avec « Tomboy » un film à la fois simple et compliqué. Simple dans le postulat de base : une jeune fille qui décide de se faire passer pour un garçon après un déménagement, simple dans sa construction aussi avec beaucoup de scènes du quotidien aux allures anodines, mais il faut l’avouer gorgées de nostalgie à l’instar du jeu de carte ... Sans musique, il y a pourtant derrière cette légerté de visu, des questions, des reflexions à partir de ce choix de l’héroïne ou des réactions qui s’en suivent. Le premier sentiment peut-être, une petite (...)

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Par Frédéric de Vençay

Moins poseur et ennuyeux que "Naissance des pieuvres", ce très beau second film de Céline Sciamma réussit tout ce qu’il entreprend. Chronique drôle et enlevée, qui marche sur un terrain miné (le trouble des genres et l’homosexualité infantile) sans avoir l’air d’y toucher, "Tomboy" va au bout de ses idées, toujours d’une légèreté précieuse et d’une imparable justesse. Le petit coup de coeur de ce mois d’avril, et une excellente nouvelle pour le cinéma (...)

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Par roger w

Avec une sensibilité à fleur de peau, Céline Sciamma signe une nouvelle oeuvre pudique et à la beauté solaire. Sa réalisation sensuelle, son attention aux personnages et sa volonté de ne jamais intellectualiser les sentiments enfantins font de son film un ouvrage de très grande qualité.

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