
Frédéric de Vençay
Bordeaux
Ses avis
La terre outragée - la critique
Michale Boganim tenait là un sujet passionnant, d’une actualité brûlante et d’une portée humaniste inestimable. Après un début saisissant, porté par des héros de l’ordinaire (le physicien) et des martyrs dérisoires (le mari), au milieu du silence coupable des autorités communistes, "La Terre outragée" flanche un peu dans sa deuxième partie. La réalisatrice manie trop de sujets à la fois, en effet, et se perd souvent dans les méandres d’un scénario trop alambiqué. Bien malgré nous et à notre grand regret, l’ennui nous gagne face à un récit qui aurait gagné en (...)
Dark Shadows - la critique
Burton fait du Burton, tournant en boucle sur son gramophone depuis une bonne quinzaine d’années ("Ed Wood" et "Mars Attacks" exceptés). Après le raté "Alice", le cru 2012 est plutôt bon, grâce à l’autodérision affichée du cinéaste (mais c’est aussi l’une de ses recettes les plus répétitives...) et de son acteur principal, vraiment excellent dans le costume et le phrasé de Barnabas Collins. Direction artistique impeccable, reconstitution 70’s savoureuse, casting étincelant : le label Burton, de toute façon, fait déjà la moitié du boulot. Divertissement de (...)
Avengers - la critique
Dans la lignée des "Iron Man", c’est du blockbuster sur-calibré et donc super-efficace, qui ne dépasse pas ses limites de divertissement du samedi soir. Ça traîne un peu la patte au début et puis, à mi-parcours, Whedon met enfin de l’ordre dans ses intrigues parallèles : l’équilibre se fait entre la vanne et l’action, entre les egos en présence et leur incarnation à l’écran (mentions spéciales à Johansson et Ruffalo, bien mis en valeur aux côtés de l’ogre Downey Jr). Le final, fluide et spectaculaire, est l’un des meilleurs qu’on ait pu voir (...)
I wish, nos voeux secrets - la critique
C’est le bol de soleil à aller pêcher en salles obscures ces jours-ci. Kore-Eda porte un regard plein de vérité et de délicatesse sur l’enfance japonaise, dans un cadre jamais grisâtre ou menaçant, mais jamais idéalisé non plus (voir le thème du divorce et des foyers éclatés, d’une réelle modernité). Lumineux, "I wish" préfère le rire aux larmes, prenant les atours d’un conte espiègle et ancré dans le quotidien, avec grandes aventures et petites leçons. Celles-ci, loin d’être asséné, passent avec la légèreté d’une brise (...)
Twixt, critique du nouveau Francis Ford Coppola
Déroutant, "Twixt" l’est assurément, encore plus que le précédent essai du réalisateur (le quasi-chef-d’oeuvre "Tetro"). Plus bancal, plus fragile, le nouveau Coppola dégage tout de même un charme indéfinissable, qui doit tout autant à son parfum de "plaisir coupable" nanardeux qu’à la réelle maîtrise dont fait preuve le réalisateur, y compris dans la mise en place de son univers (premières minutes sèches, coupantes, parfaites) et dans ses séquences oniriques. Passé le temps d’accoutumance, on est séduit par son humour complètement improbable, emporté par son (...)
Sur la piste du Marsupilami - la critique
Chabat en petite forme pour cette épopée qui lorgne davantage du côté de "RRRrrr !" (comique potache, tentative d’exotisme) que de "Mission Cléopâtre". Les références de comédie d’aventure à l’américaine ne jouent pas vraiment en faveur du film. Après un début poussif, qui laissait craindre un monopole du médiocre, la comédie décolle un brin et distille quelques gags et dialogues gentiment absurdes, dans la tradition chabatienne. L’ensemble reste tout de même assez enfantin, trop pour ne pas décevoir les irréductibles de l’humour Nul. Mentions spéciales, (...)
La Dame en noir - la critique
Plus classique tu meurs (de trouille). Film de fantômes gothique mené avec soin, sans génie ni réelle finesse, "La Dame en noir" s’offre surtout une superbe direction artistique (boîtes à musique, accessoires flippants, décor saisissant de manoir isolé au milieu des marées) et une séquence centrale au grand-guignolesque efficace. Il n’en reste rien après la projection (on n’est pas chez Shyamalan ou Nakata), sinon le souvenir d’un train-fantôme plaisant et limité. Daniel Radcliffe, jeu toujours balbutiant, charisme spongieux, a le mérite de nous faire oublier son (...)
Le policier - la critique
"Le Policier" est moins un film de cinéma qu’un exercice dialectique un peu grossier, moins malin qu’il n’y paraît. Peuplé de personnages-étiquettes, il propose un panorama (potentiellement passionnant) des dysfonctionnements de la société israélienne. La première partie fonctionne bien : mise en scène sèche et précise, sous-texte alarmant délivré avec d’habiles détours (les policiers obnubilés par leur "image"). Mais ce qui s’annonçait comme une oeuvre forte et pertinente se décompose sur place lorsque Lapid change de point de vue, des flics aux (...)
Terraferma - la critique
Très joli nouveau film de Crialese, moins impressionnant toutefois que "Respiro". Hésitant entre enjeux contemporains et fable intemporelle, "Terraferma" semble parfois encombré de son propre discours et n’évite pas quelques clichés ou lourdeurs (la scène des échoués sur la plage, certains dialogues un peu trop "lisibles"...). Le cinéaste s’en sort mieux quand il décrit, avec truculence et compassion, le quotidien de cette bourgade hors d’âge - toute l’introduction est délicieuse. Crialese n’a pas son pareil pour filmer la mer, les récifs escarpés de (...)
Les adieux à la reine - la critique
Bien que s’attaquant à un grand sujet historique, Benoît Jacquot reste fidèle à son cinéma nerveux, viscéral et sensuel. Loin de la vision pop-chic de Sofia Coppola, il nous rend cette époque versaillaise avec un réalisme saisissant : rarement les ors de la galerie des glaces ou la lourdeur des perruques auront été aussi palpables. Préférant les battements intimes aux avancées politiques, bref le coeur à la raison, Jacquot nous dresse ici un éblouissant portrait de femme(s), servi par des comédiennes impeccablement dirigées (notamment Diane Kruger, actrice plutôt moyenne qui est ici (...)





















