Sortie vidéo : le 02 février 2012
Et si c’était tout simplement l’une des œuvres commerciales les plus nauséabondes jamais tournées ?
L’argument : Au début des années 2000, la Serbie est une nation meurtrie par 50 années de Communisme, ponctuées par des guerres nationalistes aussi violentes que dévastatrices. Dans ce contexte, Milos, une ancienne gloire du cinéma X, tente de survivre péniblement avec sa famille dans la suspicion et le doute. Un jour, une ex-collègue lui présente Vukmir, un cinéaste aussi mystérieux que charismatique qui lui propose un rôle qui le mettra à l’abri du besoin. Ignorant tout du film auquel il doit participer, Milos accepte et scelle malgré lui un pacte qui l’entrainera bien au délà de l’enfer.
Notre avis : Nous vous l’avions présenté ICI en mai dernier, alors qu’il avait déchaîné les passions au BIFF et à Cannes. Et bien, c’est fait, on a enfin pu vérifier sur place, en l’occurence dans l’immense amphithéâtre du Forum des Images, en compagnie de 500 spectateurs (c’était la séance la plus fréquentée de toute l’édition 2010 de L’Etrange Festival), la sulfureuse réputation d’A Serbian film.
Considéré par beaucoup comme une monstruosité infâme, par d’autres comme un choc culturel cathartique, le film de Srdjan Spasojevic est sans nul doute à classer quelque part entre la série B mortelle réussie et le produit abject dans sa volonté non seulement de déballer l’horreur graphique la plus répulsive, mais surtout de nous confronter mentalement à l’existence même de ces idées dégénérées !
C’est ainsi que sous couvert d’une réflexion sur l’étouffement d’une nation où femmes et enfants ont été outragés pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, le cinéaste et son scénariste, Aleksandar Radivojevic, exploitent sur fond de tournage d’un snuff movie dans le milieu du porno, toute l’artillerie de l’humiliation, du viol, des sévices sadiques et de la barbarie sur femmes, enfants et, lors d’une scène surréaliste absolument ignoble, voulue comme le symbole même de la blessure du pays, sur ... nouveau né (le "newborn porn" !).
Ces excès d’immondice, malgré quelques chemins narratifs pour le coup habiles et originaux, privent définitivement le film de toute sympathie et c’est malgré tout dommage, car de par son emballage de machine horrifique aux standards américano (Hostel) européens (Martyrs), les auteurs livrent un cauchemar éveillé percutant à l’efficacité continue.
Ils lorgnent même du côté des cauchemars lynchiens lors de séquences oniriques effroyables sous influence de drogue. Mais derrière la série B scandaleuse, c’est bien du côté de Cronenberg que le scénario tend en exploitant la déviance sexuelle, qui devient comme chez l’auteur canadien, une sorte de difformité matérielle, en fusionnant dans le sang et les excréments, les corps excités par un désir de mort infâme. On pense inévitablement à l’ambiance pesante de Videodrome, où il était déjà question en 1984 d’instrumentalisation du corps, de sa dégénérescence, mais aussi de sa rébellion suicidaire à l’encontre d’un nouveau système du chaos. Mais le chef d’oeuvre de Cronenberg, jamais putassier, reste aujourd’hui encore avec Tesis d’Amenabar l’une des seules oeuvres authentiquement satisfaisante sur le thème du snuff.
Au final, en dehors de sa maîtrise indiscutable des règles du cinéma horrifique, A Serbian film s’érige comme l’avilissement ultime du genre au joug de la pornographie, légitimé par l’idée ridicule que les frontières de l’art doivent toujours être repoussées pour provoquer débats et réflexions. On évitera de trop réfléchir sur la question. A vous de vous faire un avis en boycottant ou non pareil cinéma !
En DVD et blu-ray, en version cut ou non censurée intégrale (et donc interdite aux moins de 18 ans), disponible exclusivement sur le site de l’éditeur, ElephantFilms).

Par roger w
Film sauvage et volontairement scandaleux, A serbian film n’est pas la merde innommable dénoncé sur de nombreux sites : la réalisation classieuse est efficace et le rendu global très cinématographique. Les acteurs sont bons, notamment l’acteur principal et l’ensemble tient plutôt bien la route. Après, le résultat final est quand même bien crapoteux et on se demande s’il est recommandé d’aimer pareil spectacle. En tout cas, il est impossible de le recommander à qui que ce soit. Extrêmement dur et (...)