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Albert Nobbs - la critique

Freak Show

Note moyenne des internautes :

Avec académisme, mais non sans talent, Rodrigo Garcia met en scène une Glenn Close méconnaissable en travestie introvertie dans l’Irlande littéraire du XIXe siècle...

L’argument : Au XIXème siècle, dans l’Irlande en proie à de terribles difficultés économiques, une femme se fait passer pour un homme afin de pouvoir travailler. Pendant trente ans, elle trompe son entourage, employée dans un hôtel sous le nom d’Albert Nobbs, en tant que majordome.

Notre avis : L’heure des Oscar a sonné et donc, comme toujours en cette saison, l’on nous dévoile toutes les productions académiques susceptibles de plaire aux pontes d’Hollywood. Avec son rôle de composition exemplaire dans une Irlande d’époque, typique d’un roman britannique du XIXe siècle, Albert Nobbs fait évidemment partie de cette catégorie et on ne sera nullement étonné par les nominations reçues par cette paisible tragédie d’un grand classicisme. Nobbs en a reçu trois au total (car évidemment, ce n’est pas le film de l’année, sinon vous en auriez déjà entendu parler, à l’instar du Discours d’un roi, l’an dernier), dont deux étroitement liées : l’une pour la composition magistrale de Glenn Close et l’autre pour le maquillage qui la grime en homme. Oui, Nobbs est une femme et c’est avec un certain délice subversif que le réalisateur l’enferme dans un hôtel où elle officie comme majordome, avec le lourd poids du secret et de la solitude pour exister dans cette société aussi féroce que le Londres de Dickens. Un rôle en or pour la comédienne devenue reine de la télé avec la série Damages ? Certainement.
Trente ans après avoir interprété sur les planches cette créature tragique dans La vie singulière d’Albert Nobbs, la vedette de Liaison fatale revêt à nouveau l’accoutrement d’un homme serviable, au professionnalisme à toute épreuve, mais invisible... presque un fantôme de par son statut et son teint pâlot qui ne fait qu’accentuer le malaise... Nobbs est un homme sensible au coeur de femme. Au corps aussi. L’accoutrement sérieux n’est qu’un cache-misère qui dissimule bien les souffrances physiques endurées lors de l’effort de travestissement quotidien. Il cache aussi la naïveté étrange qui émane de son être. Lesbienne refoulée, dans le placard d’une chambre exiguë de personnel de maison. Elle préfère vivre une existence sans incarnation plutôt que de connaître le ban d’une société qui lui promet la misère et l’hospice si elle venait à se dévoiler. Pourtant surgit un jour, au plus profond de ses sentiments refoulés, l’amour potentiel qu’elle n’attendait plus et qui va provoquer la rupture dans une vie de dissimulation parfaitement contrôlée.
Vous l’aurez compris, cette vraie belle figure de littérature (à l’origine on retrouve une nouvelle victorienne de George Moore), jouée de façon éthérée par Glenn Close, est tout un film à lui/elle tout(e) seul(e). Alors que le personnage ne survit qu’au gré de rêveries, notamment en s’accrochant à l’impossible amour qu’il porte pour une jeune femme engrossée (Mia Wasikowska, correcte) et maltraitée par son ivrogne de petit-ami (Aaron Johnson de Kick-ass en contre-emploi), le devenir de Nobbs, forcément peu luisant, et l’opprobre certain qu’il devra vivre, pèsent sur la projection créant un suspense, au coeur de ces décors minutieux où les différentes classes sociales de l’époque se croisent sans trop de manichéisme. C’est joli à voir, plutôt intéressant à suivre et Glenn Close est épatante !

Frédéric Mignard

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Les avis des internautes

 

Albert Nobbs - la critique

Par roger w

C’est un joli film classique que ce Albert Nobbs. Les personnages sont merveilleusement bien campés par les actrices principales. L’écriture est assez fine et les développements narratifs demeurent toujours raffinés et pleins de tact. On regrette juste le manque d’implication d’un cinéaste qui s’est totalement effacé derrière son sujet au point de se contenter d’un classicisme formel un brin pesant. C’est dommage, car le scénario est vraiment très chouette, et les actrices (...)

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