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Amour libre - la critique + le test DVD

Promenons-nous dans les bois

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Note moyenne des internautes :

- Sortie du DVD : 15 juillet 2012
- Interdit aux moins de 16 ans

Au-delà de son argument commercial racoleur, Amour libre est surtout une étude rafraichissante de la jeunesse des années 60. Une œuvre en totale liberté à redécouvrir.

L’argument : Deux couples d’étudiants partent un week-end d’été à la campagne pour une partie de camping au bord de l’eau. Loin des contraintes de la civilisation, au sein des beautés de la nature, vont se révéler la fragilité de l’amour et naître les tentations du désir. Les vrais sentiments éclatent au grand jour et chacun se retrouve projeté dans l’âge adulte…

Notre avis : Véritable phénomène du cinéma finlandais, Amour libre (1966) a rencontré à sa sortie un véritable triomphe, cumulant plus de 700 000 entrées dans un pays alors en pleine crise cinématographique. Un tel succès ne peut s’expliquer que par le scandale provoqué par la présence de nombreuses scènes de nu. Alors que la censure finlandaise était généralement assez stricte, Amour libre a bénéficié d’un certain relâchement et a attiré un public avide de se rincer l’œil à bon compte. Si aujourd’hui ces séquences déshabillées participent à la liberté de ton du film, elles ne doivent aucunement venir parasiter le jugement du cinéphile. Le film de Mikko Niskanen n’appartient aucunement à un cinéma d’exploitation faisant son miel de situations scabreuses pour titiller le petit cochon qui sommeille en chacun de nous.
Si le début du long-métrage s’apparente effectivement aux nudies qui pullulent alors sur les écrans américains, ou encore aux films naturistes (un genre en soi) qui, sous couvert de documentaire, n’ont à proposer qu’une suite de scènes de nudité intégrale, la suite est bien plus ambitieuse. Tout d’abord, le film de Niskanen se distingue du tout-venant par l’utilisation d’une photographie noir et blanc qui s’inspire largement des travaux d’Ingmar Bergman. Les contrastes sont appuyés, tandis que les cadrages sont volontairement biscornus. Malgré l’absence de scénario durant la première demi-heure, Amour libre tient le spectateur en son pouvoir rien que par sa réalisation.
Peu à peu, le cinéaste dévoile des ambitions qui vont bien au-delà de la simple balade en forêt effectuée par un groupe d’étudiants naïfs. Si le long-métrage semble de prime abord se conformer à une certaine tradition champêtre du cinéma finlandais, c’est pour mieux en détourner les codes et révéler ce qui cloche dans ce merveilleux jardin d’Eden. La présence d’un serpent vindicatif vient rappeler aux jeunes gens la dure réalité de la condition humaine. Pendant qu’un des leurs se débat avec l’animal, sa petite amie le trompe avec son meilleur ami. Si la métaphore biblique n’est pas légère, elle a le mérite d’infléchir fortement la perception du spectateur qui visite dès lors l’envers d’un décor jusqu’alors idyllique. A partir de cet acte transgressif, la réalisation de Niskanen s’affranchit des convenances et déploie un dispositif formel qui évoque forcément la nouvelle vague française. Alors que le début du film s’inscrit dans un certain classicisme, la deuxième partie s’ouvre aux innovations techniques de l’époque par un montage hystérique jouant à fond la carte du faux raccord.
En même temps que le style du long-métrage évolue vers plus de liberté, les personnages s’enfoncent dans une nostalgie touchante. Une poétique de la perte vient alors étreindre le spectateur : perte de l’innocence, des idéaux de la jeunesse et de sa naïveté. Le paradis originel est bien perdu pour ces Adam et ces Eve modernes. Leur désarroi résonne déjà comme la fin d’une époque dorée au point de faire d’Amour libre un résumé des idéaux soixante-huitards. Non seulement le film anticipe de deux ans le mouvement contestataire de cette jeunesse dorée, mais il conclut également par son échec programmé. Belle prescience pour un petit film réalisé entre potes.


Le DVD :
Malavida continue son exploration des trésors oubliés du cinéma européen avec une galette aussi nue que les personnages du film. Mais la qualité technique est là.

Les suppléments :
0
Oubliés au vestiaire avec les vêtements des acteurs.

Image :

Le noir et blanc très contrasté utilisé par le cinéaste est retranscrit à merveille par un master très propre et qui bénéficie d’une définition impeccable. L’ensemble est un pur plaisir pour les yeux.

Son :

Le mono d’époque ne présente aucun défaut particulier. Bien entendu la galette ne contient que la version originale sous-titrée, mais le public de cinéphiles visé ne s’en plaindra aucunement.

Virgile Dumez


Les avis des internautes

 

Amour libre - la critique + le test DVD

Par Claude Rieffel

Cette "pomme de pin dans le dos" (titre original, bien plus approprié que le raccoleur "amour libre") peut agacer par la priorité donnée au montage (plans très courts dénués de respiration propre et dénaturés par la post-synchronisation) qui canalise trop le discours mais le film échappe au cynisme et touche par son mélange d’effervescence joyeuse et de désenchantement. Une jolie découverte.

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