Un film de super-héros par Doug Liman. Un sommet de n’importe quoi jamais excitant. Au secours.
L’argument : Depuis qu’il a découvert qu’il pouvait se téléporter n’importe où sur terre, le monde n’a plus de limite pour David Rice. grâce à son pouvoir, il peut déjeuner en Egypte sur la tête du Sphinx, passer la journée à faire du surf en Australie, dîner à Paris et prendre le dessert au Japon. Les murs ne l’arrêtent plus et aucun coffre de banque ne lui résiste. Libre comme personne, David vit dans l’insouciance la plus totale, jusqu’à ce que...
Notre avis : Il est de bon ton de ce côté-ci de l’Atlantique de se répandre sur l’ineptie du cinéma américain, cette gigantesque entreprise d’abêtissement des cerveaux. Refrain connu. En matière de cinéma comme ailleurs, l’antiaméricanisme est une valeur qui ne se démode pas. Et pourtant... Si Hollywood produit indéniablement, saison après saison, une quantité phénoménale de fictions accablantes, il n’en demeure pas moins que les meilleures nouvelles cinématographiques nous viennent parfois des Etats-Unis (regardez les formidables No country for old men et There will be blood).
En revanche, Jumper, avec son scénario toc signé David S. Goyer (hum), son montage débile et ses acteurs endives, appartient à la rubrique "ânerie". Ça ressemble plus ou moins à un mauvais pilote de série télévisée. On peut sincèrement se demander où est passé le réalisateur sympathiquement inventif de Go. Alors, Doug Liman serait-il en train de bousiller sa carrière ? Hayden Christensen est-il mauvais acteur ? Le super héros banderait-il mou ? Est-ce que la téléportation rend con ? Est-ce que le superhéros aux couilles d’acier arrivera à sauver la grognasse ? A chaque fois, la réponse est oui. Mais il y a pire : ce très grave Jumper grille tous les neurones qu’il nous restait avant d’entrer dans la salle. Dans son genre, disons-le, c’est un exploit.
Le DVD
Une édition de grande qualité pour ce divertissement mineur.
Les suppléments
Tout commence par un commentaire audio du cinéaste et de son scénariste, à la fois informatif et agréable à suivre. On sent à travers leurs remarques qu’ils ne sont pas toujours satisfaits du résultat final. Le bonus le plus intéressant est sans aucun doute le making of de trente-cinq minutes intitulé Jumper : non censuré qui s’éloigne des habituels congratulations pour saisir sur le vif le malaise d’un tournage sous haute tension. Ainsi, le projet ne semble absolument pas tenu, tandis que les producteurs crispés se désolent de la méthode dispendieuse de Doug Liman. Ce dernier réécrit le scénario au fur et à mesure et improvise beaucoup, ce qui ne convient guère à ce type de production où chaque jour coûte très cher. Les acteurs ne cachent pas leur impatience, même s’ils aiment visiblement leur metteur en scène, très attachant au demeurant. Plus d’un an de tournage pour finir avec un métrage d’à peine une heure trente, voilà de quoi laisser le moindre financier sceptique. Les autres modules documentaires durent moins de dix minutes mais vont droit au but : Se téléporter n’importe où nous montre les nombreux voyages nécessaires à l’équipe pour donner vie à l’histoire ; Du roman au film insiste sur le fait que Jumper est conçu comme le premier volet d’une trilogie en cas de succès ; Téléporter un acteur est un segment qui insiste sur la confection des effets spéciaux ; enfin les scènes inédites indiquent un certain nombre de pistes narratives que le cinéaste a décidé de ne pas emprunter (et tant mieux vu leur nullité). Enfin, les amateurs de graphisme et d’animation pourront consulter deux modules où l’on voit les prévisualisations des scènes avant de les tourner, ainsi qu’un petit roman graphique. Au total, les bonus nous apportent de nombreux renseignements très intéressants et se démarquent du tout-venant par leur franchise.
Image & son
Le DVD propose une image immaculée, exempte du moindre défaut de compression et mettant en valeur la colorimétrie chaleureuse du métrage. Les pistes sonores anglaise, française et italienne en 5.1 explosent tout en restant bien équilibrées. Le caisson de basse est régulièrement sollicité, ainsi que les autres enceintes. Malgré tout, on préfèrera la version originale, plus naturelle, tandis que les versions doublées mettent davantage en avant les voix et enceintes frontales.
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