Un chant d’amour à l’Algérie et à la générosité humaine.
L’argument : Mouloud vit avaec sa femme et ses filles dans la région des Aurès en Algérie. La mort du fils de famille les précipite tous dans l’atermoiement...
Notre avis : De la mort naît parfois le plus beau des cadeaux. Amor Hakkar, le réalisateur de La Maison jaune, a survécu au deuil de son père et à une longue traversée du désert grâce à La Maison jaune, un film directement inspiré de son existence. Il y a quelques années, alors qu’il enterre la dépouille paternelle dans un petit cimetière algérien, Hakkar voit fleurir en lui l’espoir d’un renouveau personnel devant le panorama désertique des Aurès. Il vient de découvrir l’Algérie et, déjà il sent que c’est cette part de lui qui va commander son avenir.
La Maison jaune est un film algérien en tout point, de l’usage de la langue chaoui, inédit au cinéma, au portrait sensible du peuple de ce pays. Le cinéaste a choisi les années 90 comme toile de fond de son film. Pourtant, on ne sent à aucun moment le poids des attentats et la peur que ces années noires ont diffusés chez les Algériens. Le fils de Mouloud (Amor Hakkar, devant et derrière la caméra) est mort, victime d’une bombe, pendant son service militaire. Le terrorisme est davantage un coup du destin qu’une composante politique du récit.
Sur les instances de sa femme, il va chercher le corps de son fils avec un tricycle électrique. Commence alors un voyage initiatique, à la fois résilience et découverte de la tendresse humaine. Passants et étrangers, Imams et policiers, tous compatissent à ce deuil douloureux du pater familias. Le chant d’amour à l’Algérie est d’une générosité rare d’autant qu’il se double de la découverte d’un cinéaste pudique.