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mardi 6 octobre 2009

  L’âge heureux

La danse, le ballet de l’Opéra de Paris - La critique

 



 

Témoin des efforts du corps de ballet de l’Opéra de Paris pour atteindre l’excellence, Frédérick Wiseman, toujours aussi brillant, offre un documentaire plein de grâce qui magnifie le travail des chorégraphes.

L’argument : Frédérick Wiseman, pionnier du cinéma documentaire, a installé sa caméra durant douze semaines au cœur de l’Opéra de Paris. Des ateliers de couture aux représentations publiques où brillent les étoiles, ce film nous entraine dans les coulisses de la prestigieuse institution et nous montre le travail de tous ceux qui donnent corps au quotidien à des spectacles d’exception.

Notre avis : La quête de vérité, le désir de capter l’indécelable pourrait bien être le sens et l’axe de réflexion du cinéma de Frédérick Wiseman. Au vu de son importante filmographie (35 films en un peu plus de quarante ans), on remarque l’intérêt qu’il porte aux collectivités. Le réalisateur se penche exclusivement sur les projets, animations, travaux collectifs, d’hommes qui associent leurs compétences et leurs efforts pour le bien et le bonheur d’autrui ; d’où sa curiosité particulière portée sur les différentes institutions sociales (hôpitaux, cabinets d’avocats...), mais également culturelles et artistiques. Wiseman, qui a déjà montré sa fascination pour les corps en mouvement avec Ballet montrant le travail de la troupe de l’American Ballet Theater plonge, avec La danse, le ballet de l’Opéra de Paris, au cœur du rêve, mais aussi, camouflées, de la douleur et de la transpiration.

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© Sophie Dulac Distribution

Le cinéaste s’est introduit à toutes les répétitions, a suivi l’évolution chorégraphique des danseurs, saisi leurs souffrances physiques et leur joie de se produire sur scène. La subtilité de son travail est de s’intéresser à l’ensemble des personnes engagées dans les différents projets de l’Opéra de Paris : il place sa caméra dans les coulisses où les techniciens opèrent les réglages lumineux ou encore, se concentre sur les costumiers attentifs aux tenues scéniques des danseurs. Personne n’étant oublié, on sent son attachement à souligner la mise en commun des efforts pour obtenir la meilleure production artistique possible ; d’où son admiration palpable pour les professeurs qui transmettent corps et âmes à leurs élèves leur maîtrise et leur savoir. L’amour de la danse est ce qui guide l’ensemble du personnel, artistique et technique de l’Opéra de Paris. Le réalisateur glorifie ainsi leur passion en proposant de longues séquences des ballets sur scène - les différents angles de prise de vue permettant une vue globale sur la chorégraphie autant que particulière et soignée sur les danseurs.

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© Sophie Dulac Distribution

Frédérick Wiseman, conscient de l’excellence et de la singularité de la compagnie de l’Opéra de Paris, témoigne de son ouverture internationale et rend compte dans son documentaire des rencontres entre la direction et les plus grands chorégraphes contemporains actuels : c’est avec grand plaisir que l’on peut observer les plus grands maîtres internationaux diriger, façonner les danseurs, percevoir leurs exigences et leur désir de perfection. Comme les précédentes œuvres du cinéaste, ce film ne trouve son sens que dans sa longueur afin de percevoir comment la persévérance et l’endurance permettent la réalisation d’un projet défini et pertinent ; d’autant qu’il s’agit en l’occurrence de la préparation du premier trimestre et, entre autre, d’un hommage à l’immense Jerome Robbins (un des plus grands chorégraphes contemporains new-yorkais du XXème siècle).
En 1996, La Comédie Française ou l’Amour joué rendait compte du travail des comédiens, de leur relation au public ainsi que, plus largement, de l’amour du Théâtre et des belles paroles comme moteur d’une équipe diversifiée, du metteur en scène aux décorateurs. Fasciné par la France et ses prestigieuses institutions culturelles, Wiseman a repris le schéma de ce précédent film sans pour autant le reproduire à l’identique, sachant capter la singularité des talents. Dès sa première réalisation, Titicut Follies, en 1967, le cinéaste s’est imposé comme l’un des chef de file du Cinéma Vérité et n’a cessé depuis de réinventer le procédé documentaire, en gardant toujours à l’esprit cette tradition initiale de « capter le réel », à chercher l’objectivité. Celui qui ne se sent pas « l’héritier d’une tradition documentaire » en est pourtant l’un de ses plus dignes représentants comme le démontre sans mal ce très beau long-métrage .

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© Sophie Dulac Distribution





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