Une dose d’érotisme de pacotille, une intrigue faussement originale et des pistes narratives jamais explorées : tel est le cocktail peu enthousiasmant du dernier Atom Egoyan.
L’argument : Une femme pensant que son mari est infidèle décide d’embaucher une escort girl afin de prendre son époux en flagrant délit d’adultère.
© StudioCanal
Notre avis : Après un retour aux sources revigorant vers un cinéma d’auteur complexe et exigeant (l’excellent, mais déstabilisant Adoration), le nouveau long-métrage d’Atom Egoyan apparaît au contraire comme une première incursion dans le système commercial hollywoodien. Effectivement, Chloe est le premier film que le cinéaste n’écrit pas lui-même et qui est produit par un grand studio avec des acteurs reconnus dans le monde entier. Un changement qu’il faut toutefois tempérer puisque l’on reconnaît tout de même assez vite la patte du réalisateur canadien à travers cette histoire de faux-semblants qui joue sur les degrés divers de narration. La froideur des décors, la fluidité des mouvements de caméra et la sensualité qui se dégage de la première demi-heure sont autant de marques de fabrique qui nous placent en terrain connu. Malheureusement à vouloir jouer constamment sur la dualité de l’être humain, le cinéaste ne semble pas vraiment savoir où il va.
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Double, ce métrage l’est à plusieurs titres puisqu’il s’agit du remake du film français Nathalie d’Anne Fontaine avec le trio Fanny Ardant, Gérard Depardieu et Emmanuelle Béart. Partant du même postulat plutôt original, le métrage d’Egoyan semble s’aventurer dans un domaine plus fantastique puisque le spectateur hésite sans cesse entre fantasme et réalité. A force de multiplier les plans dans les miroirs, on se demande légitimement si le personnage incarné par Amanda Seyfried n’est pas qu’un fantasme issu de l’imagination fertile de cette femme frustrée interprétée avec talent par Julianne Moore. Malheureusement, cette piste de lecture passionnante (dès lors, on pourrait évoquer des thèmes aussi troublants que l’inceste ou l’homosexualité) est sans cesse remise en cause par des éléments de l’intrigue bien trop terre-à-terre. L’échappée finale vers le thriller domestique tendance Liaison fatale tire même l’ensemble vers le produit hollywoodien formaté. Au final, Chloe n’est qu’un long métrage joliment esthétique qui tourne à vide, un film bourgeois sans aucun intérêt si ce n’est de divertir le spectateur à bon compte. On attendait bien mieux de la part d’Egoyan qui ferait bien de revenir rapidement à une écriture plus personnelle, sous peine de noyer son talent dans la médiocrité.
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