Poignant comme l’enfer, un film d’une perfection éblouissante.
L’argument : Cinq ouvriers sidérurgistes affrontent les hauts fourneaux d’une petite ville de Pennsylvannie et partent ensemble chasser le cerf. Parce que c’est la guerre au Vietnam, trois d’entre eux deviennent soldats sur le départ. Deux ans plus tard, la guerre sévit toujours et ces derniers se retrouvent prisonniers dans un camp vietcong...
Notre avis : Voyage au bout de l’enfer est une fresque sidérante qui, sur presque trois heures, décrit avec une intensité tripale inouïe les destins âpres de trois américains moyens pendant la guerre du Vietnam. Un voyage qui ne s’oublie pas et qu’on n’a pas oublié.
La première partie correspond à une longue exposition qui introduit les personnages (a priori en liesse) et tissent leurs liens. Et sous les sourires complices, Cimino capte les sourires tristes, les regards mélancoliques d’hommes qui ont peur de mourir demain à la guerre. La seconde plonge dans le chaos délétère de la guerre du Vietnam et dépeint le cauchemar sans ostentation. La troisième (et dernière) montre les conséquences de la barbarie sur les trois protagonistes. Voyage au bout de l’enfer, film qui glana à l’époque pas moins de cinq Oscars, ne se résume (évidemment) pas à une formule ternaire.
De la même façon que La porte du paradis, film suivant et four monstrueux, court-circuite avec une ardeur confondante les codes du western, Voyage au bout de l’enfer aborde la guerre du Vietnam en hachant les conventions, en misant sur l’humain avant de céder au spectaculaire... La conjonction d’une interprétation d’ensemble hors pair, d’une mise en scène ultra-précise et d’un scénario poignant comme l’enfer achève de faire de ce voyage au bout de nos entrailles, de nos peurs et de nos capacités à surmonter une épreuve un objet de cinéma d’une perfection éblouissante.