Destination le n’importe quoi ! Supercherie monumentale, Sheitan n’est pas le thriller horrifique promis par la bande-annonce, mais une authentique comédie, insolente et trash, qui repousse les limites du Z.
L’argument : Trois gars draguent deux jeunes filles en discothèque. Mais en sortant de boîte, ils font une bien mauvaise rencontre : celle de Joseph, un berger qui prépare une nuit de culte satanique...
Notre avis : Il fallait l’oser, ils l’ont fait ! Kim Chapiron et sa bande de joyeux roublards ont réalisé le film foutage de gueule par excellence, une comédie Z aux gags bêtes et méchants, vendue comme une grosse série B horrifique. Oubliez donc les affiches totalement mensongères, Sheitan n’appartient nullement à ce genre auquel on l’a un peu trop vite catalogué. En fait, relève-t-il d’un genre précis ? La question est légitime, mais ne trouve pas forcément de réponse à l’issue de la projection tant l’objet filmique présenté est hors norme !
En effet, Sheitan ne correspond en rien aux canons du cinéma traditionnel. Avec ses images crasseuses, son cadrage bancal et son casting qui en fait des tonnes, cette production à la limite de l’amateurisme s’impose comme un produit laid et fier de l’être, l’antithèse des longs métrages policés que l’on nous propose dans nos multiplexes. Au Sheitan (diable en arabe) le bon goût ! Pour apprécier cette partie de franche déconnade totalement décomplexée, l’audience doit garder l’esprit ouvert et s’affranchir de ses préjugés sur les djeunes des banlieues et autres gens du terroir. En confrontant ces deux communautés, Chapiron oppose des stéréotypes horripilants pour mieux les déboulonner. Il bannit le premier degré qui condamnerait son film aux ordures pour fait preuve d’une belle insolence osant les dialogues les plus fous, la vulgarité crasse et une dose de violence politiquement incorrecte. Le panard quoi.
Le cinéaste ne cherche donc pas le consensus, conscient des limites de sa démarche auprès du public. Il fait fi de tout bon sens pour tester les limites de sa tolérance. Il faut bien dire que sa liberté créatrice et son jusqu’au-boutisme nous mettent une sacrée claque. Mais ne peut-on pas dès lors s’insurger contre la communication hypocrite autour de cette œuvre ? Les gars du marketing n’ont visiblement pas partagé la franchise du jeune réalisateur, préférant le mensonge éhonté pour mieux vendre du ticket à des spectateurs qui vont inéluctablement haïr ce qu’ils verront. En cela réside le vrai scandale !