Adaptation fastidieuse et hypertrophiée d’un best-seller douteux. Faux événement.
L’argument : Une nuit, le professeur Robert Langdon, éminent spécialiste de l’étude des symboles, est appelé d’urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles... Avec l’aide de la cryptologue Sophie Neveu, Langdon va mener l’enquête et découvrir des signes dissimulés dans les oeuvres de Léonard de Vinci. Tous les indices convergent vers une organisation religieuse aussi mystérieuse que puissante, prête à tout pour protéger un secret capable de détruire un dogme deux fois millénaire...
De Paris à Londres, puis en Ecosse, Langdon et Sophie vont tout tenter pour déchiffrer le code et approcher les secrets qui remettent en cause les fondements mêmes de l’humanité...
Notre avis : Victime du succès du roman de Dan Brown dont les qualités littéraires restent somme toute discutables (il se rapproche effectivement plus d’un long roman de gare très efficace que d’un pavé dostoïevskien ésotérique), le film déçoit, non pas en raison de son contenu polémique sur la religion mais au contraire pour son classicisme quasi débilitant. Confessons-le d’emblée : Da Vinci code, adaptation filmique du célèbre best-seller, n’est à aucun instant transcendé par Ron Howard. Le cinéaste suit le livre dans ses principaux enjeux dramatiques, les détaille au gré de longues scènes très loquaces et conserve la structure originelle. En somme, synchrone au bouquin.
Il ne faut rien attendre de plus : Da Vinci code s’inscrit dans le genre pépère des adaptations calquées sur le roman qui pâtissent d’une absence de regard - et d’audace - de la part d’un cinéaste sans doute trop respectueux du matériau d’origine. Ron Howard, cinéaste impersonnel mais honnête artisan, était le choix tout trouvé aux commandes du projet. Le problème avec un film très attendu qui se satisfait du mystère qu’il cherche à générer par des moyens paradoxalement racoleurs, c’est que les retombées peuvent être brutales voire douloureuses. C’est ce qui s’appelle fonctionner à double tranchant. D’autant que le cinéaste tend à plus d’une reprise le bâton pour se faire battre. Il a notamment forcé le trait sur bien des aspects avec un ton grandiloquent qui confine au ridicule. L’autre souci réside dans sa durée (environ 2h30) que rien ne justifie.
Et, d’un point de vue critique, la ritournelle est également connue : les plus sceptiques souligneront deux fois plutôt qu’une la propension de Ron Howard à ne pas faire autre chose que de l’académisme en bobine. De fait, problèmes sérieux : son recours à une musique hypertrophiée pour souligner les événements et les rebondissements confine au ridicule parce que ces artifices ne soulignent pas grand-chose ; les flash-back censés expliquer le passé des personnages et des mythes évoquent du René Manzor sous ecsta et les répliques chocs sont assénées avec une emphase rédhibitoire qui risque de susciter l’hilarité. Seule l’interprétation d’ensemble (le couple Tautou-Hawks est classe) tente de conférer de l’ambigüité et de l’intégrité à ce film qui en est tant dépourvu.
Le DVD

Le(s) supplément(s) à ne pas rater : Pour cette édition quasiment simple, un seul bonus est disponible. Il s’agit d’une featurette d’une dizaine de minutes consacrée à l’équipe française du film, composé de Jean Réno, Audrey Tautou et Jean-Pierre Marielle. Parfaitement promotionnelle, donc parfaitement dispensable. Sur la version longue du film (oui, elle existe !), vous trouverez de quoi rassasier votre quête du Code : un entretien avec Dan Brown et une myriade de petits documentaires sur le tournage.
Image & son : Produit très classieux qui ne sauve malheureusement pas le film du naufrage. L’image, précise à souhait, est somptueuse grâce à une gestion des contrastes finement reproduite. Les piste DD 5.1 se montre à la hauteur et envahit avec relief l’espace.