Un conte de fées pour clore l’œuvre de Besson. Le réalisateur a rendez-vous avec sa part d’enfance.
L’argument : Le Connecticut dans les années 50. Arthur (Freddie Highmore) passe ses vacances chez sa grand-mère (Mia Farrow) qui se remet difficilement de la disparition d’Archibald, son époux, mystérieusement volatilisé. Fasciné par le bonhomme, ses voyages en Afrique et ses récits de tributs fantastiques, Arthur se plonge sans retenue dans cet univers jusqu’à en faire vraiment partie. D’autant que ça urge : sur le terre ferme, mamie a fort à faire avec un promoteur immobilier qui veut l’exproprier et chez les Minimoys, le vénéneux Malthazard veut les exterminer.
Notre avis : Dernière séance pour Luc Besson. Arthur et les Minimoys sera, de son propre aveu, son ultime film. Un point final forcément un peu décevant pour une œuvre foisonnante d’idées retorses au cinéma cloisonné dans l’Hexagone. Besson, c’est avant tout une inspiration nourrie à la fantasy, la BD et les films américains, boostant ainsi depuis presque vingt ans le cinéma français. Alors, lorsqu’il s’attaque au conte pour enfant, le réalisateur cherche à batailler avec la technologie pour parfaire son film avec des images 3D peaufinées par la crème des techniciens. Arthur et les Minimoys mêle ainsi séquences réelles et animation spectaculaire dans un parallélisme où l’enfance se drape de l’univers féerique des Minimoys, charmantes petites créatures ne dépassant pas la taille d’un pouce. Au ras des pâquerettes, c’est l’aventure, l’humour et l’insolence qui attendent le spectateur pour un divertissement qui ne mange pas de pain. En somme un bon moment, sans prétention scénaristique, respectant les codes des aventures mythiques du bien contre le mal avec une petite dose de flegme bien sentie pour montrer que tout ça, au fond, c’est du second degré.
Car, ce qui pendait au nez de Luc Besson, c’était la platitude tant Arthur et les Minimoys est le produit d’un syncrétisme brassant les mythes des cultures européennes (le roi Arthur et sa fameuse épée coincée dans une roche dont seul l’élu peut la sortir), Star wars et ses sabres lasers, ou les références aux hits du cinéma des années 90. Mal barrés dans un tripot, Sélénia (avec la voix de Mylène Farmer en VF et de Madonna en VA), Arthur (Freddie Highmore plus convaincant en animé qu’en chair et en os avec son jeu perpétuellement figé dans l’ahurissement niaiseux) et Bétamèche (Cartman) se battent contre Darkos, fils de leur ennemi juré Malthazard dit M le Maudit (on vous le disait, des références à la pelle !). Le résultat ? Une chorégraphie hilarante sur le twist culte de Pulp fiction. Ce sens de l’humour, le résultat étonnant des images en 3D font oublier le manque d’inspiration du drame social qui se joue dans le monde réel où la grand-mère d’Arthur (Mia Farrow) se débat contre un promoteur immobilier véreux.
Au générique de fin, Besson, sous les traits d’un Minimoy généreux, tire sa révérence au spectateur comme seuls les vrais artistes le font. Des adieux sans pathos. Car ce qui compte pour Besson, c’est notre plaisir de cinéma.
Le DVD
Les suppléments
Une édition bien maigre vu le caractère événementiel de l’œuvre, un monument dans l’animation française aux chiffres de blockbuster américain. On était donc en droit à s’attendre à des bonus à la pelle. Résultat : rien de bien intéressant à se mettre sous la dent. Un making of de 26 minutes résume la préparation et le tournage du film. Curieusement, rien n’est jamais dit sur la participation exceptionnelle de Madonna et de Mylène Farmer. On trouve également sur cette galette un extrait d’une émission de Michel Drucker dans lequel ce dernier interviewe Arthur. Complètement cucul et inutile. Même les gosses n’apprécieront pas ce cadeau de deux minutes. Deux clips parfaitement anodins (dont un de Snoop Dog), deux bandes-annonces et une démo jouable du jeu vidéo (bref de la pub en guise de supplément !) complètent ce DVD qui n’a vraiment rien de collector.
Image & son
L’image est resplendissante et chatoyante. Que ce soit la partie live ou la partie animée, la perfection visuelle est de mise.
On passera vite sur le son stéréo pour s’intéresser au 5.1. Percutant en VO et en VF, il éclate le caisson de basse et sollicite sans cesse les enceintes arrière. Du très bon qui aurait néanmoins pu être meilleur avec une piste DTS.