Le troisième volet des méfaits de nos célèbres braqueurs cools n’arrive hélas pas à la cheville du second.
L’argument : Douce vengeance sous le ciel de Las Vegas... Danny Ocean et sa bande ne pouvaient avoir qu’un seul motif pour tenter leur braquage le plus audiacieux à ce jour : sauver un des leurs. Mais la chance ne suffit pas toujours lorsque l’on veut faire sauter "The Bank"... Le cruel propriétaire de casino Willy Bank ne s’attendait pas à une telle riposte lorsqu’il trahit et envoya à l’hôpital l’ami et mentor de Danny, Reuben Tishkoff. Mauvais, très mauvais calcul, car Danny rameute ses fidèles complices pour infliger à Bank un châtiment exemplaire le soir de l’inauguration de son nouveau casino, The Bank.
Notre avis : La bande à Soderbegh se retrouve dans Ocean’s 13. Soit un film de mecs
où les nanas sont absentes, où les rebondissements pleuvent, où ça commence comme
ça devrait se terminer. Le réalisateur de Traffic a besoin de ces grands budgets
pour réaliser des films plus intimistes (genre Bubble) en ayant compris qu’un
"blockbuster auteurisant" ne faisait plus florès. Cette fois, il opte pour la
simplicité, la limpidité, la banalité. Comme conscient de ce qui avait
potentiellement pu décevoir dans Ocean’s twelve, objet très stimulant pourvu de vraies
qualités, Steven Soderbergh s’est contenté d’un script plus basique qui annule ses
tentatives expérimentales pour fureter vers la comédie et repose essentiellement
sur les épaules de Brad Pitt, George Clooney et un peu Matt Damon.
Dans une grande désinvolture, les trois acteurs prennent la pose et se
contrefoutent de la psychologie unilatérale de leurs personnages. Les seconds couteaux
servent la soupe, assènent deux trois répliques marrantes et donnent l’impression
d’être ici pour faire de la présence. Ainsi, nos héros peuvent s’extasier pendant
une minute devant un écran de télévision. Juste parce que c’est rigolo. Vincent
Cassel remplit ses fonctions de deus ex machina et essaye de relancer le vague
intérêt de l’intrigue. La bonne nouvelle, c’est qu’on est loin du film de potes
arty (oubliez la mauvaise expérience de Full frontal). On n’a pas l’impression
d’être invité à une fête cannoise en se contentant de regarder les stars s’amuser
dans le carré VIP. En résulte juste un divertissement frivole, pas nécessairement
désagréable, mais terriblement vain.