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Durée : 1h22mn
Echappée des années 70, cette comédie à teinture sociale se vautre dans tous les stéréotypes les plus éculés. Pour le pire et non pour le rire.
L’argument : Dans un élan de solidarité, les habitants d’un quartier se mobilisent et décident de monter un spectacle au profit d’un sans-abri. Tout le quartier défile alors au bistro du coin pour les préparatifs, au grand dam de Manu. Bertrand le patron du pressing, Vasarelli le flic, Fanny la crêpière, et Jules le tout jeune musicien ! Derrière les bons sentiments se cache souvent la mauvaise foi. C’est l’occasion de joyeuses engueulades, mais aussi d’amitiés improbables et de discussions passionnées... Il faut dire qu’il n’est pas simple de s’entendre, même pour une bonne cause, avec de telles personnalités.
Notre avis : Visiblement peu fiers de leur rejeton, les producteurs ont caché leur bébé à la presse, de peur de refroidir les quelques spectateurs qui choisiront de se glisser dans les salles la première semaine. Il faut dire que Au bistro du coin se situe quand même très haut sur l’échelle du nanar. Remis en selle par le succès de La tour Montparnasse infernale, le réalisateur Charles Nemes n’a cessé depuis de se compromettre dans les projets les plus improbables. Après un Carton qui ne sentait pas bon et Le séminaire qui a définitivement enterré la carrière du duo Le Bolloc’h - Bruno Solo au cinéma, voici le cinéaste à la tête d’un casting en or pour une comédie qui aimerait bien être le Full Monty français. A partir d’un sujet à forte connotation sociale, les auteurs ont foncé tête baissée dans tous les stéréotypes les plus éculés, là où nos amis anglais ont toujours eu le bon goût de soigner l’approche des personnages et de leur psychologie. En fournissant ici la vision d’une France typique des années 70, les auteurs de cette pochade même pas drôle ont tout juste quarante ans de retard.
Est-il encore acceptable pour le public d’aujourd’hui d’être confronté à des grandes folles hystériques comme aux glorieux temps de Max Pecas ? Est-il pertinent de montrer la France des bistrots sans aucun recul au point de flatter les instincts les plus poujadistes des spectateurs ? Est-il envisageable d’assister à des scènes de pure vaudeville qu’on croirait issues des productions des années 80 estampillées Jean Lefebvre ou Paul Préboist ? Au milieu d’un océan de répliques foireuses, les acteurs, pas forcément mauvais d’ailleurs, font ce qu’ils peuvent pour donner un semblant de relief à un scénario d’une extrême platitude. Au petit jeu des remises de prix, on saluera la prestation plutôt sobre de Vincent Desagnat en personnage lunaire et de Guy Lecluyse, moins irritant que les autres. Par contre, la plupart des caméos semblent plaqués là pour faire plaisir aux intervenants. La palme du pire revient sans conteste au rôle éclair de Ramzy, à la fois surréaliste, inconsistant et inutile. En tout cas, vous savez maintenant quel bistrot éviter durant les prochaines semaines, car ici l’ardoise est plutôt salée.
La bande-annonce : ICI
