Bad company

Cinéma

- Durée : 1h57mn

Déjà le 17 juillet et les Américains poursuivent inéxorablement leur matraquage estival avec des productions formatées. Après Dommage collatéral, 40 jours et 40 nuits et Scooby Doo, c’est au tour de Bad Company de sortir sur les écrans français. Encore une fois, il s’agit d’une histoire à l’emporte-pièce, servie par des acteurs (Hopkins et Rock) qui cachetonnent, le tout filmé par un réalisateur (Schumacher) visiblement écrasé par les directives de son tycoon de producteur (Bruckheimer).

D’un côté, vous avez Kevin Pope, un super agent de la CIA, qui se fait dessouder avant de récupérer une arme nucléaire. De l’autre, vous avez son frère jumeau, un petit démerdard new-yorkais qui ne vit que du système D : ventes de tickets en tous genres, parties d’échec payantes, DJ dans des soirées minables. Le plus drôle dans cette histoire ahurissante, c’est qu’aucun des deux ne connaissaient l’existence de l’autre. Donc, résultat de ce laborieux postulat, la CIA va engager le démerdard, ressemblance oblige, et le former pour finir la mission de son frère...

Vu et revu. Les scénaristes hollywoodiens ne savent donc plus quoi inventer pour placer un simple quidam en terrain inconnu. Voir évoluer Chris Rock et sa tchache au cœur de la CIA, agence connue pour sa légendaire déconne, n’a en effet strictement rien de drôle. Passe encore l’improbabilité du scénario mais il aurait fallu que les gags sur l’antagonisme des personnages soient un peu plus recherchés. En somme, vous obtenez les vannes saugrenues de Chris Rock opposées à la raideur d’Anthony Hopkins. Osmose nulle... Ce constat est d’autant plus navrant lorsqu’il est question d’un acteur du calibre de Sir Hopkins. Lèvres systématiquement pincées, balai dans le derrière et regard glacial : c’est tout ce que vous obtiendrez de lui dans Bad Company. Service minimum pour un cachet maximum.

On a également connu Joel Schumacher plus inspiré, notamment avec son précédent film, Tigerland. Ici, il ne s’écarte pas d’un pouce du droit chemin, dessiné à la truelle par Jerry Bruckheimer. Producteur de Top gun, Jours de tonnerre, 60 secondes chrono, et dernièrement Pearl Harbor, il est célèbre pour l’aspect fédérateur (proche du marketing) de ses productions, et l’absence totale de la moindre originalité. Bad company en est malheureusement l’illustre archétype : vite vu, vite oublié.

Le mercredi 17 juillet marque le début d’une sinistre semaine de programmation. Entre Black night, Bloody Mallory et Harball, la situation frise le catastrophique. Et ce n’est certainement pas Bad company qui va améliorer le niveau. Seule solution, revenir sur les sorties du 10 juillet et choisir 17 fois Cécile Cassard. Le film de Christophe Honoré n’est peut-être pas une comédie, cela ne l’empêche pas d’être magnifique.

Edgar Hourrière

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