Durée : 1h26mn
Troisième volet de la saga coproduit par Filmax. Même si le plaisir demeure, c’était quand même bien mieux avant...
L’argument : Le Professeur Herbert West reprend ses expérineces sur les morts dans la prison où il est incarcéré.

Notre avis : Il s’agit de la suite la moins médiocre du grand succès gore des années 80, Re-animator de Stuart Gordon (1985), après une Fiancée de Re-animator (1990) poussive, déjà réalisée par le producteur du premier volet, Brian Yuzna.
Depuis son départ tonitruant des écuries Charles Band, la carrière du bonhomme, devenu très vite cinéaste spécialisé dans le direct to vidéo horrifique, est égale à elle-même, relativement sympathique, pleine de bonnes intentions, mais d’un manque patent d’inventivité. Recyclant les bonnes idées passées au-delà du raisonnable (un Dentiste 2 par-ci, un Retour des morts vivants 3 par-là), il n’en finit plus d’exploiter son catalogue d’antan, sans idée nouvelle pour justifier l’opportunisme de ses entreprises. Ainsi Beyond re-animator réalisé en 2002 avec la collaboration des Espagnols de Filmax (d’où la présence au générique de Santiago Segura) - avec lesquels il avait déjà bossé à trois reprises -, s’apparente plus à un remake qu’à une suite, puisque le scénario est décalqué de l’original.
Transposée dans l’environnement carcéral où le docteur Herbert West purge une lourde peine pour les massacres consécutifs à ses expériences sur les morts, la réinvention du re-animator est tout simplement infime. West s’associe à un jeune médecin naïf pour des travaux scientifiques peu catholiques, ce médecin tombe amoureux d’une journaliste blonde qui va périr des suites d’une attaque d’outre-tombe, il la réanime, elle est évidemment devenue carnassière et la prison entière s’embrase des flammes de l’enfer. On se souviendra que dans le un, c’était un hôpital qui était le lieu de l’insurrection des morts. De même, alors que le grand méchant de ce troisième épisode est incarné par le directeur de la prison, dans l’original, il s’agissait du directeur de l’hôpital. Le plagia continue jusqu’à l’utilisation excessive du thème musical de Richard Band (l’une des réussites du premier segment !) qui confère au film un cachet eighties indéniable.
On rassurera les inconditionnels de la série, le résultat n’est pas déplorable, et l’habileté de Yuzna rend même le spectacle plutôt divertissant à suivre. Le film n’est pas dépourvu de la touche Re-animator et l’on éprouve toujours autant de plaisir à retrouver Jeffrey Combs dans la blouse qui fit de lui une icône du cinéma d’horreur. Reste que niveau délire, si il y a bien un entrejambe démembré et un zizi baladeur au sens propre, l’inventivité, encore une fois, n’est pas au rendez-vous. Manquant de fun, le gore peu ostentatoire ne précipite plus le récit dans les délires humoristiques salvateurs, il est juste là pour remplir les quotas d’un genre noyé par la redondance.
Attention, un House of Re-animator est annoncé pour 2010, l’action se situerait à la Maison Blanche où West devra sauver le président... De quoi titiller notre curiosité
face au crétinisme du sujet. Obama, pour sa part, n’a toujours pas fait de déclaration quant à sa participation au projet.
