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Black killer - La critique

L’avocat du diable

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- Durée : 1h33mn
- Année de production : 1971

Inégal, ce western spaghetti demeure une bonne série B grâce à une ambiance poisseuse et à la présence d’un Klaus Kinski magnétique.

L’argument : La ville de Tombstone vit sous la terreur des cinq frères O’Hara, qui oppriment et rançonnent les habitants. Après les meurtres des neuf derniers shérifs, le juge Wilson envoie sur place quelqu’un pour arrêter ce massacre. L’avocat James Webb arrive en compagnie du jeune Burt Collins, qui, après avoir montré ses qualités de pistolero, devient le nouveau shérif. Les frères O’Hara, gênés par sa présence, décident de lui donner une leçon. La vengeance du shérif de Tombstone sera impitoyable.

Notre avis : En pleine décadence du western spaghetti, l’acteur Carlo Croccolo décide de se lancer dans la réalisation avec ce Black killer (1971), symptomatique d’une certaine dérive du genre vers la facilité. Parmi les éléments qui jouent clairement contre le film, on trouve tout d’abord une réalisation pas toujours très professionnelle, notamment dans le choix de certains cadrages douteux. Ensuite, le jeu d’acteur n’est pas particulièrement soigné, surtout au niveau d’un casting féminin qui semble avoir été choisi uniquement pour ses qualités plastiques. Enfin, les costumes sont à la lisière du ridicule lorsque le cinéaste nous montre des Indiennes et des Mexicains en habits « traditionnels ». Black killer effleure même le film d’exploitation lorsqu’il profite de la moindre occasion pour nous révéler les charmes de ses jeunes actrices, fort peu crédibles en squaw.
Si l’on s’en tient à ces quelques considérations, cet énième western de série peut apparaître comme un navet pur jus. Pourtant, malgré tous les défauts cités ci-dessus, ce métrage se situe plutôt du côté des bonnes surprises. Ainsi, le cinéaste, aidé par une excellente partition musicale de Daniele Patucchi (qui lorgne sérieusement sur le travail d’Ennio Morricone), parvient à créer une ambiance poisseuse et décalée qui hisse parfois ce western au niveau d’un bon film d’horreur. Il suffit de citer la fameuse scène centrale du viol de l’Indienne, brillante par son aspect sadique, pour comprendre que cette série B ose s’aventurer sur des terrains glissants. Décrivant les Etats-Unis comme un repaire de pourritures uniquement intéressées par l’argent, Croccolo évoque également le racisme exercé envers le peuple indien - rarement présent dans les œuvres transalpines. Il met notamment à bas toute valeur morale grâce à un twist final prévisible, mais bien peu éthique. Enfin, même s’il est sous-employé, Klaus Kinski ajoute une note étrange et effrayante à son personnage d’avocat qui tire les ficelles (son nom n’est-il pas webb qui rappelle le mot anglais web ou toile ?). Au final, Black killer demeure une bisserie hautement recommandable et ceci malgré ses nombreuses faiblesses.

Virgile Dumez


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