Durée : 1h25mn
Titre original : Squadra volante
Polar de série B tout à fait sympathique, Brigade volante n’est sans doute pas un incontournable du genre, malgré une ambiance séduisante.
L’argument : Lors d’un cambriolage, la femme de l’inspecteur Ravelli est massacrée. Cinq ans plus tard, un hold-up sanglant le remet sur la trace du coupable. Toujours traumatisé et ivre de vengeance, Ravelli ne désire qu’une chose : exterminer “le Marseillais”. Il ne reculera devant rien pour assouvir sa vendetta...
Notre avis : Troisième long métrage du chef opérateur Stelvio Massi, Squadra volante est un poliziottescho comme il en fleurissait en Italie en ce début des années 70. Inspirés par les films d’action américains comme French connection, les producteurs de séries B transalpins ont tout misé sur la popularité d’un genre en plein essor. Lancée par le réalisateur Carlo Lizzani, cette vogue correspond à la recrudescence de la violence dans un pays bouleversé par « les années de plomb ». Pourtant, loin d’être une dénonciation politique, ce polar classique scénarisé par l’inépuisable Dardano Sacchetti n’a d’autre ambition que de divertir le public. Il y arrive en partie grâce à un certain nombre de scènes d’action efficaces portées par une excellente partition musicale de Stelvio Cipriani.
Si le casting est plutôt luxueux, on peut toutefois regretter le manque de rigueur de l’interprétation. Ainsi, Tomas Milian, laissé en roue libre, en fait un peu trop en flic tenace, tandis que Stefania Casini offre une prestation plutôt fragile en bimbo décérébrée. Seul Gastone Moschin compose une figure de truand véritablement charismatique. De même, le scénario, très basique, multiplie les ellipses mystérieuses (les policiers ont parfois un don de divination en se trouvant souvent au bon endroit au bon moment), ce qui fragilise l’édifice narratif. Enfin, malgré quelques très bonnes idées, la réalisation de Stelvio Massi est loin d’être irréprochable : la profusion de zooms, de mouvements tremblotants et de gros plans mal cadrés font de ce polar de série B une expérience somme toute assez décevante. Reçu avec un certain succès dans son pays d’origine, ce petit film de série se regarde aujourd’hui avec une certaine nostalgie, sans pour autant satisfaire pleinement les amateurs du grand cinéma populaire italien des années 70.