Sortie vidéo : le 18 octobre 2011 - interdit aux moins de 18 ans
Un temple du mauvais goût érigé en chef d’oeuvre du cinéma bis, de nouveau disponible en vidéo chez un nouvel éditeur avec un nouveau master et de nouveaux suppléments.
L’argument : Caligula retrace le règne, aussi bref que sanguinaire, d’un empereur romain devenu à moitié fou. Après avoir reçu les pleins pouvoirs du Sénat, Caligula devient un despote paranoïaque à travers une vie de débauche sans limites.
Le film : Véritable OVNI cinématographique écrit par Gore Vidal, conviant acteurs classiques (Peter O’Toole, Helen Mirren), vedettes décalées (Malcom Macdowell) et playmates dénudées du magazine Penthouse, le visionnaire Caligula est le fruit d’une époque révolue (la fin des années 70), la vision grandiloquente d’un cinéma artistique dépravé (celui de Tinto Brass, qui aime filmer les handicaps physiques), d’une violence inouie, dans des décors grandioses qui évoquent éminemment les planches dans leur théâtralité. C’est aussi le plus gros budget jamais alloué à une oeuvre érotique, voire pornographique dans la version remontée par le producteur Bob Guccione qui, courroucé par l’insistance de Brass à filmer des corps monstrueux, a inséré ses propres plans fantasmés, à base de pénétrations, cunnilingus et fellations avec des plastiques plus harmonieuses.
Ce monument de mauvais goût revient aujourd’hui dans les bacs, avec une nouvelle édition DVD (3 disques, avec les deux montages, le soft et l’intégral hard, plus une galette consacrée aux bonus) et une belle édition blu-ray, au design raffiné.
La critique : ICI

Les suppléments :
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Exit Metropolitan, c’est désormais M6 vidéo qui tente de raviver la mode du péplum érotique, avec une édition regorgeant d’entretiens passionnants, vus sur des éditions collectors étrangères. Une interview de 24mn permet à John Steiner de revenir sur sa prodigieuse carrière italienne (Fulci, Argento, Deodato...) et notamment sur son expérience désagréable sur le tournage de Caligula. Passionnant pour les amateurs de cinéma de genre transalpin. Les souvenirs de Lori Wagner donne la parole pendant 28mn à l’une des nymphes du film. La bimbo apparue deux ans plus tôt dans Messaline, impératrice et putain revient sur sa participation à ce tournage de légende et à ses liens avec le nabab de Penthouse, Bob Guccione. L’entretien avec Tinto Brass, le pape du film de fesses italien (La clé, Vices et caprices) revient sur sa vision de l’érotisme pendant 8mn. On retrouve l’artisan de la bonne chair dans Les confessions de Tinto Brass (The Orgy of power, en VO), le document le plus riche en informations. Génèse de l’oeuvre, trahison, guerre des égos, chacun (Gore Vidal, Rossellini ou Guccione) cherchant à s’arroger la parenté de l’oeuvre...
A noter aussi la présence d’une scène supplémentaire, la douloureuse exécution de Marco (4mn), en piètre état. Ce dernier supplément est décevant quand on sait que le film possède 40mn de métrage coupées.
L’image :
Cette nouvelle édition DVD de Caligula pâtit toujours d’un certain grain qui peut obscurcir certains plans. L’utilisation excessive du réducteur de bruit laisse peu de place aux détails. La colorimétrie est chargée et cette nouvelle copie vaut pour sa luminosité souvent impeccable.
Le son :
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Le film est proposé en version stéréo en anglais et en français, pour les puristes. Les amateurs de 5.1 s’essaieront à la spatialisation plus ou moins convaincante. Voix nasillardes et étouffées en VOSF, il faut mieux préférer pour une fois le doublage français, bien plus distinct. L’ampleur gagnée au niveau du score reste la plus grande réussite sur un plan sonore.