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Cars - la critique

La mécanique du car(toon)

- Durée : 2h00 mn
- Lire notre interview de Samuel Le Bihan
- Le site du film

Le dernier Pixar est une belle machine de route, fière de ses époustouflantes qualités visuelles et de son intrigue sur quatre roues, classique mais émouvante.

L’argument : Lightning McQueen, une splendide voiture de course toute neuve promise au succès, découvre que dans la vie, ce n’est pas de franchir la ligne d’arrivée qui compte, mais le parcours que l’on a suivi. Parti pour participer à la prestigieuse Piston Cup, il atterrit suite à une déviation dans la petite ville tranquille de Radiator Springs, sur la Route 66.
McQueen va apprendre à connaître Sally (une élégante Porsche 2002), Doc Hudson (une Hudson Hornet 1951 au passé mystérieux), et Mater (une dépanneuse rouillée mais à qui on peut faire confiance). Ils vont l’aider à découvrir qu’il y a des choses plus importantes que les trophées, la gloire et les sponsors...

Notre avis : De l’embouteillage dans l’animation en images de synthèse. Alors que le marché est inondé par des productions cannibales, généralement assez laides, on peut se demander où en est le studio Pixar, lui qui a toujours été en pole position dans ce secteur très lucratif (ses six premiers long métrages ont rapporté 1,457,440,923 dollars, seulement dans les salles américaines !). Force est d’admettre qu’au niveau de l’animation 3-D, leur dernier bolide, Cars, laisse ses concurrents sur le bas-côté. La fluidité des images est épatante et l’extrême précision dans la reconstitution des textures est impressionnante de pointillisme. Un délice visuel de chaque instant, même si, a priori, le design des véhicules, plutôt enfantin, n’est pas des plus attirants pour l’audience adulte.
Les qualités scénaristiques ne sont pas en reste. C’est qu’il y en a dans le moteur de John Lasseter, le "mogul" du studio Pixar, papa des deux Toy story. Comme toujours, c’est drôle (la scène des tracteurs bovins risque de rester dans les annales), rythmé et riche de plusieurs niveaux de lecture pour rendre le spectacle attrayant à toutes les générations de spectateurs. L’universalité au cinéma, c’est bankable ! Surtout quand, comme ici, la trame touche un public du terroir exclu par une société moderne galopant vers le cynisme. La manne peut alors être mirobolante.
Cars baigne dans la nostalgie, celle d’une Amérique mythique traversée par la Route 66, abandonnée depuis pour des autoroutes plus pratiques, au détriment de petites villes bâties le long de cette fameuse route. Le postulat de départ - confronter un jeune blanc-bec de la ville, clinquant et superficiel, aux autochtones de l’un de ces bleds paumés - n’est pas très original. Le jeune gaillard apprend les vraies valeurs de la vie, auprès de gens humbles (appelez les ploucs ou rednecks) avec lesquels il n’a initialement aucun atome crochu. On a déjà vu cela des dizaines de fois, notamment dans une certaine production franchouillarde très à la mode ces dernières années. Cela confirme cette volonté de Disney de vouloir redorer son blason en prônant un retour aux bonnes vieilles valeurs morales et religieuses (Le monde de Narnia) pour contrer les attaques virulentes qu’a subi le groupe ces dernières années.
Mais faut-il faire la fine bouche face à un message aussi passéiste ? Non, cela serait se priver d’un joli divertissement aux atouts de séduction puissants. Et puis, en pleine crise du carburant, un film à la gloire de l’automobile (l’une des plus grandes passion de John Lasseter, qui a grandi dedans), ça a quelque chose de quasi subversif qui rend le spectacle encore plus fréquentable.

Le DVD


Le(s) supplément(s) à ne pas rater : Des bonus sympathiques, sans être renversants, alimentent cette édition parfaite pour Noël. On apprend quelle est l’origine (mignonne anecdote) de Cars, racontée par le réalisateur John Lasseter. Les quatre (vraies) scènes coupées sont dispensables, parce que non finalisées. Enfin, deux courts métrages sans grand intérêt (Martin et la lumière-fantôme et L’homme-orchestre) donnent simplement l’impression d’une richesse dans ces suppléments.

Image & son : Formidable travail pour une image détaillée au pixel près (cf. les plan larges du circuit automobile bourré à craquer). Idem pour le son avec un Dolby Digital 5.1 aux petits oignons.

Edgar Hourrière, Frédéric Mignard

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