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Comme un homme - la critique

La cabane dans les bois

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Note moyenne des internautes :

Berling, de père en fils, dans un drame adolescent ténébreux...

L’argument : Louis, 16 ans est le fils du proviseur de son lycée. Son meilleur ami, Greg, est sous la menace d’un renvoi définitif après avoir agressé sa jeune prof d’anglais. Pour se venger, il décide de la kidnapper. Louis devient complice en fournissant les clés d’un cabanon de famille isolé sur un îlot, dans les marais. Ligotée, humiliée, Camille est emprisonnée. Ils doivent la libérer le lendemain matin, mais Greg ne vient pas au rendez-vous…

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Copyrights Diaphana

Notre avis : Fort d’une filmographie solide (Le cou de la girafe, L’empreinte de l’ange, sa double collaboration avec Bonnaire, sont deux belles réussites) à peine entachée par l’échec de L’Autre Dumas), Safy Nebbou revient occuper la case thriller/drame pyschologique français estival quatre ans après L’empreinte de l’ange, qui lui-même faisait suite à La tourneuse de pages en 2006... La recette est ici transformée, puisqu’on délaisse les adultes pour s’intéresser aux ténèbres qui grandissent durant l’adolescence. Le jeune (le fils Berling, au visage androgyne complètement fermé, est totalement déroutant) désarmé dans son nouveau corps qui répond à des pulsions et soumis aux durs accidents de la vie (ici le décès prématuré d’une mère lors d’un accident de la route) est fragilisé ; aussi il se détourne de la figure paternelle qui bosse trop (le père Berling en proviseur) pour gagner en complicité avec plus paumé que lui, un ado retors qui a menacé sa prof d’anglais d’une paire de ciseaux... En résulte ce psychodrame lycéen, l’abduction de celle-ci par les deux jeunes gens et la séquestration de l’enseignante dans une étrange cabane de conte horrifique, perdue dans les marécages, loin de la civilisation WIFI dont les mômes raffolent.

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Copyrights Diaphana/Patrick Muller

Safy Nebbou jette immédiatement le trouble avec une séquence d’ouverture in media res que l’on pourrait qualifier de forte, où l’on suit le parcours nocturne des deux écorchés qui s’aventurent dans l’antre de la forêt, remontant sous la pluie battante une rivière boueuse peu accueillante. Le film pourrait alors plonger dans le thriller malveillant glauque... mais, à l’instar de L’empreinte de l’ange, le malaise se distille autrement. Dans le pur drame psychologique, la relation compliquée de l’adolescent aux autres. Dans une initiation où il doit apprendre à faire les bons choix et bon usage de ses premières libertés d’homme, le jeune, seul avec ses soucis, imperméable aux mains maladroitement tendues, redoute les conséquences de ses actes. Mais loin de tout, jusqu’où est-il capable d’aller, seul face à ce corps de femme meurtrie, objet paradoxal de peur, rancoeur et de convoitise, blotti dans l’obscurité ?

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Comme un homme est donc une introspection ténébreuse dans la complexité de l’adolescence, traitée avec tout le savoir-faire visuel et musical d’un cinéaste toujours à l’aise avec les images et la musique qu’il soigne particulièrement. Sans apporter l’originalité ou la singularité suffisantes pour faire de son nouvel opus un grand film, Safy Nebbou réussit une fois de plus à nous troubler et à éveiller l’interrogation quant aux non-dits adolescents que l’on côtoie sans jamais en percevoir la densité.

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© Pierre Collier
Frédéric Mignard


Les avis des internautes

 

Comme un homme - la critique

Par roger w

Si le film est assez maladroit dans sa confrontation entre un père et son fils, l’ensemble demeure intéressant grâce à une très jolie réalisation, mais aussi à un sous-texte intéressant sur le pouvoir de la bourgeoisie et l’hypocrisie du système. Un film inégal, mais intéressant.

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