Accueil > Les réalisateurs > L > Le Ny, Anne > Cornouaille - la critique

Cornouaille - la critique

Un coin de paradis ?

Acheter sur Priceminister
Note moyenne des internautes :

Un film raté qui ne restera qu’un beau fantasme de cinéma.

L’argument : Odile est une jeune femme indépendante et rationnelle à l’existence bien réglée. Pourtant, alors qu’elle prend possession de la maison de sa tante dont elle vient d’hériter en Bretagne, la réalité, petit à petit, commence à lui échapper… Est-ce l’endroit qui est hanté ? La mémoire d’Odile qui, en se réveillant, lui joue des tours  ? Ou bien Loïc, son prétendu "ami d’enfance retrouvé", qui l’entraîne vers d’étranges chemins ? Dans les brouillards de cette Cornouaille mystérieuse, rien ne se passe comme Odile l’attendait…

Notre avis : Tourné durant l’été 2011, Cornouaille ressemble au premier abord à un beau fantasme de cinéma bercé par la poésie d’un titre brumeux qui dégage toute une mythologie de terroir bien trop rare dans le cinéma français. Un drame breton émaillé de fantastique, avec Vanessa Paradis dans le rôle principal, que la réalisatrice Anne Le Ny (Ceux qui restent et Les Invités de mon père) veut comme un hommage thématique à sa Bretagne natale et aux valeurs humaines des locaux. Malheureusement, tous nos espoirs s’évaporent dès les premières minutes avec un problème de ton qu’aucun des acteurs un peu désemparés (Samuel Le Bihan et Vanessa Paradis en particulier) ne parvient à trouver dans une oeuvre qui se cherche de par les côtes ciselées de l’extrême Bretagne, où l’on se persuaderait presque de pouvoir y croiser l’Ankou au détour d’un chemin creux.
Avec son obsession pour la mort, le patrimoine légué qui fait parler la vieille pierre, le souvenir des défunts qui fait ombrage à la vie de ceux qui n’arrivent pas à les oublier, le nouveau long métrage d’Anne Le Ny s’échoue sur un rivage dangereux, celui du mélange des genres, là où on aurait préféré le trouver plus concentré dans le drame. Entre la romance perturbée qu’entretient Vanessa Paradis, curieusement assez fade, à Jonathan Zaccaï aux apparitions trop rares dans le film, le fantastique revendiqué qui permet au personnage principal de converser avec les fantômes de son passé, et des écarts de comédie (les réflexions sur le notaire...), Cornouaille ne parvient pas à se tirer de ce délicat mélange et ébranle systématiquement tous les efforts pour susciter curiosité et ambiance. La portée puissante des paysages dont s’était magnifiquement imprégné Yves Angelo avec le méconnu Voleur de vie (avec Sandrine Bonnaire et Emmanuelle Béart), est diminuée par une mise en scène assez laborieuse qui n’est jamais à la hauteur d’un titre évocateur.
On comprend donc pourquoi le distributeur UGC a été très méfiant avec la sortie à l’écart de la presse de ce drame mi fugue mi raisin librement inspiré de La Légende de la mort chez les Bretons armoricains d’Anatole Le Braz. A réserver aux seuls fans de la chanteuse-comédienne, et encore à ceux originaires de Bretagne.

Frédéric Mignard


Les avis des internautes

 

Cornouaille : Vanessa Paradis s’égare en Bretagne

Par dunnefr

Ce film montre bien la frontière perméable entre le réel et les fantomes hébergés par tous à chacun. Qui n’a jamais quitté pendant quelques temps les rives du quotidien. Ce film montre notre fragilité donc notre delicatesse et nous éloigne pendant quelque temps de notre monde si logique parfois même standardisé. Il faut accepter de jouer le jeu pour entrer dans ce jeu qui n’est pas anodin

>> Lire la suite

Votre avis