Durée : 40mn
Une magnifique aventure équestre, farouchement poétique, balayée par un souffle d’indépendance artistique formidable. Un moyen métrage pour tous les âges, tout simplement sublime.
L’argument : Au sud de la France, il est un pays presque désertique appelé La Camargue. Crin-Blanc est un magnifique étalon, chef d’un troupeau de chevaux sauvages, trop fier pour se laisser dompter par les hommes. Seul Folco, un petit pêcheur, réussira à l’apprivoiser. Une profonde amitié va naître entre l’enfant et le cheval. Ensemble, ils partiront à la conquête d’une liberté que les hommes leur refusent...
Notre avis : Albert Lamorisse a quitté la photographie pour donner vie aux images. Une formidable décision qui a permis à l’auteur d’offrir au moins trois chefs d’œuvre au genre, pourtant pas aisé, du film pour enfants : Bim, le petit âne (1951), Crin Blanc (1953) et Le ballon rouge (1956). Trois moyens métrages d’une infinie poésie, isolant à chaque fois un enfant et son compagnon d’infortune tempétueux face aux autres, de méchants hommes ou de sales gosses, qui veulent se l’approprier par la violence. Un âne dans le premier, un magnifique étalon blanc dans le second et un ballon magique rouge vif dans le dernier. Trois symboles d’évasion transgressifs, sources d’échappatoire poétique pour un ailleurs meilleur aux effluves exacerbées de liberté.
Crin Blanc, avant de devenir un livre, était donc le héros d’un moyen métrage. Ce cheval magnifique, à la crinière rebelle et à l’allure sauvage, véritable comédien à quatre pattes, tumultueux et fougueux, éclabousse la Camargue mythique de son attitude libertaire. Il est le parangon d’une nature indomptable, ici magnifiée par la caméra esthétique de Lamorisse qui en fait, de par son noir et blanc lumineux, un paysage sublime quasi lunaire. Traqué par l’homme, l’étalon se confie à un enfant, Alain Emery (alors un jeune comédien amateur à la petite bouille mélancolique adorable). Tous deux fuient ensemble vers un ailleurs aux promesses de liberté absolue. Une fuite symbolique, désespérée et acharnée, au goût « à mer » de fatalité.

Le DVD
Une édition riche qui rend un hommage émouvant au génie discret de Lamorisse.
Les suppléments
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Voilà une édition collector digne de ce nom. Emboîté dans un digipack fantaisiste, ce classique pour enfants figure sur la galette aux côtés de Crin Blanc. Deux chefs d’œuvre d’émotion et d’esthétique accompagnés chacun par un grand documentaire à la gloire du cinéaste, décédé dans un accident d’hélicoptère en 1970, et de ses comédiens. Chacun des documents, respectivement de 44 minutes pour Crin Blanc et de 52 minutes pour Le ballon rouge, possède un caractère amateur humble et familial qui donne une dignité extraordinaire aux protagonistes. Les jeunes comédiens des années 50 ont vieilli et sont devenus des patriarches. Le premier document est un portrait d’Alain Emery, l’enfant qui ne savait pas sourire de Crin Blanc, qui avait pas mal souffert sur le tournage. Il est devenu une sacrée personnalité du grand Sud, tandis que le second document, intitulé Mon père était un ballon rouge, donne voix au fils d’Albert, Pascal, un homme à la simplicité formidable, révélatrice des qualités de son défunt paternel.
Ces compléments essentiels, entre télé réalité (le retour sur les lieux de tournage, l’implication des autres membres de la famille) et entretiens, émeuvent et s’éloignent intelligemment des bonus traditionnels. On notera que le digipack contient aussi l’affiche du film pour la ressortie conjointe du diptyque en 2007, et une planche à colorier.
Il existe également un coffret du Ballon rouge et un autre de Crin Blanc. Chacun comprend le métrage avec son documentaire respectif et l’histoire du film illustrée sur plus de 50 pages. Faites votre choix !
Image & son
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La version remasterisée s’avère d’une beauté visuelle impressionnante. Tous les efforts photographiques du cinéaste ont été exacerbés par un master lumineux sans défauts majeurs.
Cette nouvelle jeunesse se retrouve au niveau du son, bien meilleur que celui de la copie du Ballon rouge proposée sur ce même DVD. Il est clair, malgré un léger bruit de fond.