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DeadHeads - la critique

Les geeks de l’Etrange Festival

- Durée : 1h38mn

Autoproclamé culte, ce tout premier film de deux frangins se vautre dans la gaudriole facile, tout en livrant une morale bien conservatrice du plus mauvais effet. Pour geeks uniquement.

L’argument : Deux zombies se réveillent au milieu d’une attaque de morts vivants et décident de prendre la route pour retrouver l’amour perdu de l’un d’eux.

Notre avis : Depuis la réussite artistique et commerciale de Shaun of the dead, joyeuse parodie des films de zombie, on ne compte plus le nombre de longs-métrages qui tentent de surfer sur la vague. Pour un Bienvenue à Zombieland tout juste sympathique, combien d’ersatz mal fichus devra-t-on subir ? Ce n’est en tout cas pas ce DeadHeads qui viendra relever le niveau d’un sous-genre déjà moribond (logique en même temps). Gagnés par la folie des grandeurs, les deux frangins Drew et Brett Pierce nous proposent un générique très gore, à la fois pompeux et terriblement prétentieux qui se termine par la mention The Pierce Brothers, appellation trop galvaudée censée garantir au spectateur un spectacle culte. Malheureusement, on ne se situe pas ici au niveau du cinéma des frères Coen, mais bien plutôt du côté de celui des frères Strause (Alien vs Predator : requiem et Skyline) ou encore des frangins Spierig (le raté Undead), l’ambition visuelle en moins.
A partir d’un postulat de départ absurde (deux zombies ont conscience de leur état), les frangins ont déployé tout un arsenal de gags d’une consternante lourdeur interprétés par des acteurs grimaçants (la palme revient à l’irritant Benjamin Webster et à la pathétique Eden Malyn qui en font des tonnes dans le comique outrancier). Si l’on sourit bien une ou deux fois, l’indigence de l’écriture et la faiblesse de la réalisation finissent par enterrer chaque séquence. Rapidement à cours d’idées dans le domaine parodique, les auteurs s’orientent alors vers la comédie romantique en nous servant tous les clichés en usage dans le genre (le zombie veut reconquérir le cœur de sa belle, bien vivante). Loin de se moquer des archétypes du genre, les cinéastes foncent tête baissée dans les lieux communs où ils se vautrent lamentablement. Censé être iconoclaste et barré, DeadHeads se termine en véritable apologie du mariage monogame et se révèle par-là même bien plus conservateur que ne le laissait supposer le postulat de départ. Autoproclamé culte avant même sa sortie, ce produit bâclé et sans intérêt rejoindra bien vite les bacs des soldeurs. A éviter.

Virgile Dumez

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