Durée : 1h20mn
Titre original : Zombieland
Interview promo
Prototype du faux film malin, Zombieland manque cruellement de gags et de zombies.
L’argument : Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre. Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l’idée d’être dévoré. C‘est une poule mouillée, mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie... Tallahasse, lui, est un chasseur de zombies qui ne plus rien ni personne.
Dans leur périple, les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossibles à relever. Affronter les zombies et apprendre à s’entendre.
Notre avis : Auréolé d’une flatteuse réputation (plus de 50M$ de recettes en deux semaines aux USA et des critiques particulièrement solides pour un film de genre !), Bienvenue à zombieland est la sensation geek de l’année. L’internet nous la vend depuis quelques temps déjà comme le pendant américain de Shaun of the dead, c’est-à-dire une grosse déconnade en territoire mort-vivant, ingénieuse sans être prétentieuse, qui ravage tout sur son passage grâce à un humour carnassier.
Honnêtement, on y croit pendant vingt minutes avec notamment un excellent générique sur lequel le réalisateur Ruben Fleischer semble avoir concentré toutes ses idées visuelles. Fleischer se livre à une présentation détonante de la fin de l’humanité qui s’accompagne d’une énumération des règles de survie pour éviter de finir en chair à pâté dans le gras d’un zombie. Les idées fusent et l’écran éclate. L’audace de quelques plans suscite même la jubilation (faut voir les gros lolos sauvages d’une déterrée partir en chasse !). Ravageur ! On est même alors impressionné par la beauté des décors d’apocalypse étalés en 2.35 ! Pour un budget moyen, les reconstitutions de destruction générales sont réussies et ringardisent irrémédiablement les derniers Romero !
Pourtant cela se gâte très vite. Le road-movie, sans grand but narratif et à court de carburant, révèle une triste réalité : les scénaristes ont un pitch en or mais ne savent pas trop qu’en faire. Si le duo masculin Woody Harrelson-Jesse Eisenberg fonctionne bien (le premier est plutôt pas mal en cow-boy détraqué qui aime à s’acharner sur les macchabés, tandis que le second, vu précédemment dans Les Berkman se séparent, joue aux antihéros qui s’assume comme tel), l’introduction de personnages féminins dynamite toute l’énergie du film pour une suite de scènes assez convenues qui génère davantage le bâillement (euh, le film fait quand même 1h20 !) que l’éclate totale !
Alors il y a bien une séquence dans la maison de Bill Murray, où nos quatre protagonistes bien vivants vont se réfugier à leur arrivée sur Los Angeles. Elle relève magistralement la barre avec quelques gags référentiels typiques de la culture geek. Mais l’insupportable dernier quart d’heure dans la fête foraine fourvoie un peu plus le script dans les incohérences et la facilité (il faudra m’expliquer comment deux petites poulettes parviennent à faire fonctionner un parc d’attractions, jusqu’à aller s’amuser toutes seules au sommet des machines !). Qu’importe me direz-vous, cette ultime séquence n’est finalement là que pour injecter quelques attaques de zombies. Une nécessité puisque cela faisait déjà un moment que les monstres étaient sur la sellette. Notre plaisir aussi.

Notes : Il s’agit du premier film de Ruben Fleischer, remarqué jusqu’alors pour son court The girls guitar club. Voulu comme un savoureux mélange de Shaun of the dead pour l’humour et 28 jours plus tard pour la référence aux zombies énergiques et enragés, Zombieland marque le retour en forme du comédien Woody Harrelson au milieu d’un casting très jeune. Particulièrement bien promu par Sony, la comédie horrifique devrait logiquement prendre la tête du box-office américain à l’issue du week-end de sa sortie (il vient d’envahir les salles le 2/10), aidé par des critiques particulièrement clémentes pour une oeuvre de ce genre (100% positives).
C’est le 25 novembre que l’invasion démarrera en France.


Par ’Boo’Radley
Sans atteindre au chef-d’oeuvre, cette incursion de la comédie déjantée dans le film d’horreur (ou le contraire) aurait mérité en France un certain retentissement populaire. Bill Murray est inénarrable dans un cameo en vrai faux zombie.
Par Marine Bénézech
Est-il normal que dans un long-métrage s’appelant Bienvenue à zombieland, on se demande pendant toute une partie du film où sont les zombies ?! Gentillet et aseptisé. Heureusement, Woody Harrelson est là pour nous faire rire !