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Des hommes et des dieux - la critique

Le dialogue des Cisterciens

- Durée : 2h00

Inspiré du drame de moines français installés en Algérie, un film digne et bien interprété, qui a été ovationné au Festival de Cannes 2010.

L’argument : Un monastère perché dans les montagnes du Maghreb, dans les années 1990. Huit moines chrétiens français vivent en harmonie avec leurs frères musulmans. Quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe dans la région. L’armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les entourent, la décision des moines de rester coûte que coûte, se concrétise jour après jour...

Notre avis : Grand Prix du Jury, prix œcuménique, prix de l’Éducation nationale... Si la palme du film consensuel existait, ce beau huis-clos dramatique l’emporterait haut la main. Xavier Beauvois, que l’on savait subtil et efficace depuis Le petit lieutenant, a le mérite de ne pas s’enfermer dans le piège du scénario « inspiré d’une histoire vraie » et préfère proposer une vision d’artiste revisitant un événement médiatisé en son temps, à l’instar de la démarche d’un Téchiné dans La fille du RER. Comme dans l’excellent Hors la loi, Des dieux et des hommes se situe en Algérie et filme la détermination d’un petit groupe social à aller jusqu’au bout de ses convictions et valeurs morales. Mais quand Rachid Bouchareb préfère le lyrisme et la chronique engagée, Xavier Beauvois opte pour la chronique semi-documentaire déviant progressivement vers la tragédie. La première partie excelle à peindre un microcosme communautaire ouvert à son environnement : une brève discussion sur le sentiment amoureux entre un moine et une jeune algérienne (délicate Sabrina Ouazani), des conseils médicaux prodigués par le frère Luc (prodigieux Michael Lonsdale) sont autant de tranches de vie filmées, dont la sérénité contraste avec les avertissements récurrents du danger. Quand celui-ci survient, le cinéaste concentre sa caméra sur ces huit hommes, leurs craintes, divergences et solidarités. On songe à la version filmée du Dialogue des Carmélites de Bernanos, non seulement par la similitude des personnages et situations, mais aussi par la place accordée au verbe dans la montée de la tension dramatique. On regrettera toutefois la tentation d’un symbolisme religieux un brin pesant (la scène du dernier repas partagé), qui contraste étrangement avec la sobriété de l’ensemble et menace un bref instant l’œuvre de glisser du classicisme vers l’académisme. Tel quel, le film est d’un bon niveau et remet en selle un certain cinéma d’acteurs : outre les deux comédiens cités, il faut saluer les prestations de Lambert Wilson, Philippe Laudenbach ou Olivier Rabourdin, tous ayant pu légitimement prétendre à un prix d’interprétation collectif.

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© Mars Distribution

Gérard Crespo

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Les avis des internautes

 

> Des hommes et des dieux - la critique

Par Sébastien Schreurs

Touché par la grâce divine, Xavier Beauvois s’élève à la perfection en relatant le calvaire des moines de Tibhirine, sacrifiés sur l’autel du terrorisme. A l’heure où le débat sur la religion s’embrase à la vitesse d’un feu de paille, Beauvois pose le problème en rejetant les différends idéologiques et leurs conséquences funestes (la symbiose est totale entre les musulmans et les chrétiens du village algérien) ; mais encore plus en éradiquant les amalgames faciles qui conduisent inévitablement à l’intolérance. Effectivement, il illustre astucieusement (...)

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Par Pierre Ajack-Dugant

Le succès public du film a eu tendance à dissimuler ce qui reste, fondamentalement, un pari cinématographique : filmer de près une communauté religieuse en proie au doute. La mise en scène épurée, l’interprétation très juste vont à merveille à ce beau drame qui interroge la valeur de nos idéaux dans un registre assez proche (quoique sur un sujet très différent) d’Au Revoir Les Enfants. Forcément un peu didactique, l’ensemble n’en reste pas moins d’une grande force et d’une beauté rare. A voir et à (...)

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Par esdez

Première partie intéressante dans la relation de confiance et de compréhension de l’autre malheureusement gâchée par une pesante présence de rituels qui ne peuvent intéresser que les adeptes de cette pratique religieuse mais particulièrement indigeste pour les autres.

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