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Deux frères - La critique

Les tigres du Bengale

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Des images magnétiques pour spectacle tout public qui remplit parfaitement son contrat.

L’argument : Au cœur de la jungle indochinoise, dans les ruines d’un vieux temple, deux jeunes tigres du Bengale jouent et se câlinent, apprennent la vie sous le regard protecteur de leurs parents. Au même moment, à l’opposée du monde, un chasseur anglais de grande renommé décide de partir en Chine pour piller : en 1920, l’art asiatique fait recette. Il s’enfonce dans la jungle avec ses hommes et défriche le vieux temple dans lequel évolue la famille tigre. C’est là que la destinée des deux frères bifurque : Koumal finit soumis dans un cirque, Sangha est recueilli par le fils d’un administrateur colonial...

Notre avis : Après L’ours, Jean-Jacques Annaud nous replonge dans l’univers des animaux sauvages, incompris des hommes. Le propos est simple, presque puéril. Mais ce n’est pas ce qui compte dans Deux frères. Les images que Jean-Jacques Annaud a ramenées du Cambodge sont simplement sublimes. On ne peut s’empêcher d’être magnétisé par les péripéties de ces deux félins aux yeux bleus qui filent dans les ruines du temple d’Angkor, leur capture, leur contact avec les hommes (notamment la relation de tendresse entre Sangha et l’enfant) et leurs retrouvailles, qui commenceront par un ahurissant combat de tigres au milieu d’une arène. Le travail du réalisateur et du dresseur, les conditions de tournage avec les tigres (jungle, chaleur, centaines de personnes sur le plateau) sont extrêmement méritoires. Et le spectacle est à la hauteur. Le décor colonial indochinois est minutieusement retranscrit (une magnifique et drolatique partie de chasse, sous des ombrelles, à dos d’éléphant) et même si les personnages du film semblent parfois servir de prétexte à la mise en scène des tigres, ils n’en ressort pas moins un bon équilibre entre les scènes de jungle, purement animales, et l’intrigue humaine.
Il reste cependant une contradiction intrinsèque au film : une partie du propos est de dénoncer la captivité des animaux sauvages alors que pour tourner ce film, on a utilisé des tigres bien dressés à leur papa, transportés dans des cages... Oublions.

Thibault Lang-Willar




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