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10 jours en or - la critique

On ne choisit pas sa famille, quoique...

Situations convenues pour road-movie pépère, ce premier film laisse une sérieuse impression de déjà-vu....

L’argument : Marc Bajau sillonne le pays pour le compte d’une marque de vêtements. Il aime cette vie sur la route, libérée de toute contrainte et faite de rencontres d’un soir. Mais alors qu’il démarre une nouvelle tournée de promotion, sa dernière conquête s’en va en lui laissant son fils, Lucas, un petit métis de six ans…
Commence alors une traversée de la France pas comme les autres, où Marc et Lucas vont croiser la route de Pierre, un retraité fantasque et envahissant, et celle de Julie, une jeune femme en errance. Au cours de cette odyssée, flanqué de son trio improbable, Marc Bajau va connaître "10 jours en or" qui vont changer sa vie...

Notre avis : Premier film d’un jeune auteur, sillonnant les routes de France, 10 jours en or met en scène un commercial égocentrique et séducteur qui a bien du mal à s’attacher aux autres, mais qui croit farouchement au destin et aux rencontres qu’il fait.
A la suite d’une nuit passée avec une immigrée paumée qu’il a aidée à échapper à la sécurité d’une grande surface, il se retrouve au réveil, avec un drôle de "paquet" à livrer le lendemain, à l’autre bout de la France... une bonne bouille de 6 ans, abandonnée par une mère qui ne pouvait plus l’élever et confiée à ce type de confiance, bien habillé et avec, au fond de lui, un coeur gros comme ça.
Voilà donc l’ami Dubosc parti, contre son gré, pour un périple vers la Méditerranée où il doit conduire le jeune garçon à son "père". Evidemment, dans ce road-movie au déroulement convenu, l’adulte cynique, obsédé par sa réussite professionnelle, va changer au contact de l’enfant. Le duo incongru rencontre des figures cocasses pour former, après moult accidents, une famille recomposée pleine de bons sentiments, de ceux qui irritent ou attendrissent le spectateur en fonction de sa sensibilité : une routarde paumée et dyslexique et un vieillard seul au monde, au bord du suicide, interprété avec facétie par Claude Rich.
Plus que l’insipide déroulement narratif qui ose tous les poncifs, c’est bien l’écriture des dialogues, trop démonstrative, qui évacue tout le charme naturaliste qui aurait davantage convenu à cette intrigue au point de départ éminemment social. Même Dubosc dans ses déclarations sentencieuses ne parvient pas à évacuer le comique que l’on a toujours aimé. Sa fuite vers la comédie dramatique suit un sentier bien trop usité pour être totalement sincère. Bref, on n’arrive pas à y croire !

Frédéric Mignard

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