Durée : 2h
Polanski signe un hommage à Hitchcock un peu frustrant par manque d’imagination et de rebondissements convaincants.
L’argument : Richard Walker, cardiologue américain, arrive à Paris en compagnie de sa femme Sondra pour assister à un congrès médical. Quelques heures après leur arrivée Sondra disparaît mystérieusement. Richard part à sa recherche dans un Paris qu’il ne connait pas.
Notre avis : Alors qu’il vient d’essuyer un gros revers de fortune avec l’échec commercial sans précédent de son Pirates (1986), le cinéaste Roman Polanski se voit quasiment contraint de revenir à un cinéma plus proprement lucratif à la fin des années 80. Habitant désormais en France, il trouve le moyen de réaliser un polar où un touriste américain se retrouve par méprise catapulté dans une affaire louche se déroulant dans la capitale française. A l’aide d’une star hollywoodienne comme Harrison Ford et d’un scénario qui s’inspire de manière plus qu’évidente de l’œuvre d’Alfred Hitchcock, Frantic (1988) promettait d’être un thriller haletant qui marcherait dignement sur les traces du maître du suspense.
Pourtant, sans doute par manque d’investissement du metteur en scène envers un sujet qui ne lui tient pas vraiment à cœur, le métrage se trouve être un polar efficace, mais plutôt banal. Signé par n’importe quel autre cinéaste, personne n’y aurait fait attention. Effectivement, en suivant le précepte principal d’Hitchcock - on peut construire l’intégralité d’un scénario à partir d’une idée simple, comme un banal échange de valises - Polanski nous invite à suivre un thriller toujours sympathique, mais beaucoup trop long et manquant de matière pour passionner. Si le mystère est brillamment maintenu pendant quasiment une heure de film, on ne peut pas dire que la seconde partie soit si enthousiasmante. Se perdant souvent dans des digressions inutiles, le cinéaste noie le poisson et l’ineptie de son script dans des scènes parfois franchement insipides. Reçu avec un certain succès à l’époque (en cumulant en France plus de 1 293 000 entrées), Frantic demeure vingt ans après un polar d’honnête facture, mais largement en-deçà des attentes légitimes suscitées par une œuvre du maître polonais.
Un parcours flamboyant et douloureux portant en lui les vicissitudes du XXe siècle.