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Gone baby gone - la critique

Nouar c’est noir

Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h55mn

A défaut d’affirmer une vraie personnalité, Ben remet sur le tapis de vieux clichés polardeux. Immense déception.

L’argument : Deux détectives privés enquêtent sur l’enlèvement d’une petite fille dans un quartier où se côtoient policiers aigris, ex-prisonniers et familles brisées...

Notre avis : Gone baby gone est le premier long métrage de Ben Affleck, acteur tellement détesté qu’il donne envie d’être aimé. Une bonne occasion pour clouer le bec à ses adversaires les plus pernicieux et permettre ainsi de réconcilier tout le monde dans l’amour infini, servile et fraternel du septième art. Amen. En réalité, non. Et pourtant, on aurait adoré ranger le sous-estimé Ben (plutôt bon acteur chez Kevin Smith) dans la catégorie des James Gray et Jules Dassin, de ceux qui cherchent des poux aux codes et savent créer des atmosphères troubles où les ambivalences humaines sont disséquées au scalpel. Au bout du tunnel, Gone, baby, gone veut surtout taper dans l’œil du spectateur en se targuant d’être un sommet de maîtrise à faire trembler le Mystic River de Clint Eastwood, autre adaptation d’un roman de Dennis Lehane. S’il n’a rien de honteux (correctement filmé, bien joué), ce coup d’essai semble dépourvu de caractère (comprendre anodin) et plutôt insipide (comprendre passe-partout).
Le cinéaste apprenti part de bases éprouvées du film policier (enquête filandreuse, détective privé, coup de théâtre) pour régurgiter des formules assimilées. Mais n’échappe pas aux clichés (Ed Harris dans un rôle ambigu), confond vitesse et précipitation (la scène du traquenard) et propose in fine une succession d’événements fort peu crédibles. Qui une fois replacés du début à la fin dans notre cerveau abasourdi constituent une comédie gênante. Manque de bol : le film est malheureusement entaché d’un fond moralisateur. Bien malgré lui, Affleck semble se contrefoutre de la détresse nue de ses personnages et joue avec eux comme des pions sur un damier (dès qu’il n’a plus besoin d’eux, il les efface pour les faire réapparaître en pointillé). L’intrigue les épuise sans se nourrir de leur psychologie. Or l’inverse, à savoir donner au spectateur la sensation voluptueuse que le film a toujours une longueur d’avance sur lui, aurait sans doute été plus stimulant.

Romain Le Vern

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Les avis des internautes

 

> Gone baby gone - La critique

Par Norman06

Honnête polar, bien écrit, bien filmé, et bien joué. La mise en scène de Ben Affleck est subtile et l’ambiguïté morale atténue le côté un brin lisse de l’ensemble. À découvrir.

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