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Durée : 1h27mn
Photos
Retour à la préhistoire du cinéma de genre français. Humains fait toujours très peur, mais pas pour de bonnes raisons.
L’argument : Lorsque vous prenez le métro le matin, n’avez-vous jamais l’impression de croiser des êtres étranges aux physiques bien singuliers ? Sommes nous vraiment la seule espèce humaine sur Terre, la seule espèce a avoir survécu à des millions d’années d’évolution ?
Le professeur Schneider et son fils partent dans le Lötschental dans les Alpes suisses enquêter sur une découverte scientifique qui pourrait remettre en question toute la filiation de l’espèce humaine. Ils sont accompagnés d’une jeune paléontologue, chouchoute du professeur.
Une famille de touristes (Gildas, sa fille et sa nouvelle femme), venus voir le carnaval du Lötschental et ses fameux Tchagattas, se retrouvent par hasard avec eux.
Le voyage prendra une tournure inattendue...
Notre avis : Il suffit des cinq premières minutes d’Humains pour comprendre l’énormité du programme. L’ouverture, qui fait ici véritablement office de repoussoir artistique, donne malheureusement le ton esthétique et dramatique de ce qui va suivre avec une brève incursion dans le suspense assez mal fichue, suivie d’une présentation de deux des personnages principaux, Philippe Nahon en grand paléontologue et son rejeton, Lorant Deutsch dans un plan en champ contre champ laid et très mal éclairé qui met à mal tous les standards en matière de réalisation. En une poignée de minutes, on assiste à une véritable accumulation de tout ce qu’il faut faire pour éconduire le spectateur (photo terne, éclairage sombre, filmage maladroit, direction d’acteurs improbable), ce qui nous engage instantanément dans la méfiance, voire le rejet. Des sentiments qui jamais ne s’estomperont par la suite, puisqu’au moins Humains se montre cohérent dans le ratage d’un bout à l’autre.

Pourtant, on avait envie d’y croire et de l’aimer, ce projet. Après tout, ne s’agissait-il pas du dernier avatar du cinéma français dans le genre du fantastique (mâtiné en plus d’une couche d’aventure et de survival horrifique) après les réussites d’A l’intérieur, Martyrs et autre Frontière(s) (euh, oui, certains d’entre nous à la rédaction ont apprécié le Gens !). Même si elle part avec les meilleures intentions au monde - les réalisateurs ont, certes, foiré leur premier long, mais n’en demeurent pas moins de bons bougres chargés d’humilité, et les comédiens, à commencer par Lorant Deutsch et Sara Forestier, ne sont nullement désagréables -, cette production de la Fabrique de Films (un distributeur qui a des tripes et qu’on suit toujours avec intérêt) confirme l’inutilité d’essayer de déplacer des montagnes (ou comme y ici de s’y déplacer - l’intrigue se déroulant dans les Alpes suisses) quand on n’en a pas les moyens financiers. Faute de sous dans le moteur (un exemple, l’avalanche de pierres en hors-champ dont on ne voit que le résultat sur la route, à savoir 5 blocs de pierre qui empêchent l’expédition scientifique d’avancer, est difficilement excusable, surtout à l’époque des images de synthèse), il aurait fallu que ses auteurs compensent en faisant preuve d’audace narrative ou d’ingéniosité dans la mise en scène. Pourtant Humains n’offre rien de tout cela. Point de système D virtuose comme celui de Sam Raimi en son temps, rien d’artistiquement fort ou d’émotionnellement intense pour nous permettre de vraiment digérer les couleuvres d’un script poussif et incohérent.
Aussi, le récit, incongru, de la rencontre entre des scientifiques hexagonaux et de leurs cousins du Neandertal dans les massifs alpins manque intrinsèquement de charme, de suspense et surtout d’arguments scénaristiques crédibles pour pouvoir un instant tenir la comparaison avec The descent, qui, sur un script proche, avec trois bouts de ficelle, avait su terrifier la planète dans ses grottes en carton. Bref, il est difficile d’adhérer à ce jeu de piste quand les seules couleurs aperçues se limitent à celles du poster d’origine et que le métrage, dont la seule constance est son obstination à foncer tête baissée dans le nanar Z, s’éparpille dans les genres - la comédie et l’aventure, avant de se fixer dans les dernières minutes dans le slasher préhystérique avec body count pessimiste en guise de final.

Par evil_owl
On s’attendait vraiment à autre chose après avoir vu la bande-annonce (mais bon ! C’est sa fonction) et entendu l’équipe du film lors d’une avant-première à Paris. La scène d’ouverture ne laisse rien augurer de bon. Les 87 minutes suivantes confirment cette mauvaise impression. Le scénario n’a rien d’original. La photographie n’a rien d’extraordinaire. On s’ennuie donc. Et ce ne sont pas les quelques cris des acteurs qui nous sortirons de notre torpeur. Seul la fin un peu plus « virile » mais aussi parfaitement « capilotractée » (...)