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Ironmaster, la guerre du fer - la critique

AZ, le néant-derthal

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Et oui, même Conan n’a pas réussi à échapper à l’exploitation ringarde du bis italien... Et mélangé au succès de La guerre du feu, le résultat est forcément consternant.

L’argument : Une tribu préhistorique en toc se déchire dans la glaive et le sang alors que le ténébreux Voud convoite le sculptural leadership tenu par le blond Ela.

Notre avis : Après une décennie de bonnes séries B et de thrillers/polars/gialli de facture honnête, Umberto Lenzi a sombré dans les années 80, devenant un sinistre artisan du bis, agissant désormais pour le pire (L’avion de l’apocalypse, Cannibal Ferox (1981), La maison du cauchemar, Nightmare beach), sans aucune conviction. Juste après avoir réalisé les tribulations d’une grosse à New York (La Cicciabomba (1982), il enchaîne sur l’un de ses pires rejetons, Ironmaster, la guerre du fer. L’affiche sublime, qui en a fait saliver plus d’un en son temps, basée sur un visuel de Casaro, ne cherche même pas à dissimuler l’affiliation batarde avec Conan le barbare, alors que le titre penche inévitablement vers la photocopie éhontée de La guerre du feu de Jean-Jacques Annaud.
Conan, produit par l’Italien Dino de Laurentiis, avait marqué le monde entier de son souffle épique, devenant involontairement l’instigateur d’une foultitude de produits ringards avec bouseux bodybuildés dans des décors bon marché, étrangement contemporains. L’heroic fantasy était devenu un genre à la mode, se déclinant autour de figures musclées : les Dar l’invicible et autres Thor ou encore Ator. Même Fulci y avait goûté avec son délirant, mais intrinsèquement minable Conquest.
L’idée de Lenzi, reposant sur le mélange de production héroïque ancestrale avec des formules préhistoriques, est risible, ouvrant le script aux pires anachronismes, le premier étant celui du langage, puisqu’ici chaque protagoniste recourt au verbe et discute bon gré mal gré, à une époque où le grognement l’emportait sur le mot. La musculature artificielle du musclor blond qui sert de héros pathétique au film (un sommet du non jeu) en est une autre. Côté décors Lenzi semble filmer le néant-derthal aux USA, au milieu des bisons, avec stock-shots de volcan en éruption d’un autre format de cinéma que celui du film (!), massacre de sangliers bien de notre temps, et apparitions risibles de lion. Les espèces se mélangent sans grande cohérence, mais peu importe : les hommes en tenue de peau ridicule assurent l’incroyable spectacle.
Le vilain, joué par l’inépuisable George Eastman (l’entité monstrueuse de Horrible et d’Anthropophagous notamment), grand usurpateur du chef, arbore une coiffe de lion complètement loufoque et assure le fou rire à chaque apparition. Nos descendants, rien de plus contemporain dans leur physique, côtoient des hommes singes, des vrais, (mal) déguisés en macaques ! Au détour d’une scène, on croit voir aussi quelques zombies pour coller à l’image gore de l’Italie d’antan. Du bon bis ne le serait pas sans son lot de nymphettes. Ici, les tigresses du deux pièces arborent des crinières improbables - blonde pour la gentille qui se tient au côté du crétin de héros, et brune pour la garce de service.
Tout le script du réalisateur se résume à cela, à un manichéisme primaire au milieu d’une reconstitution vulgaire, à un recyclage épouvantable - y compris dans la musique. Dans ce non-cinéma, seul le bisseux pourra envisager d’y trouver un quelconque plaisir, forcément coupable, mais pas inavouable.

Trouvé sur Youtube, la bande-annonce française !

La bande-annonce : ICI

Frédéric Mignard


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