A cheval entre plusieurs genres, Kill list bénéficie d’une ambiance étrange et d’une réalisation correcte, mais le rythme languissant et les hésitations narratives l’empêchent de se hisser au niveau des œuvres dont il s’inspire.
L’argument : Huit mois après un travail désastreux à Kiev qui l’a laissé physiquement et mentalement marqué, Jay, un ex-soldat devenu tueur à gages est pressé par son partenaire d’accepter une nouvelle mission. Mais bientôt, Jay commence à ressentir à nouveau les effets de la peur et de la paranoïa...
Notre avis : Après avoir tourné une comédie noire intitulée Down Terrace, le cinéaste britannique Ben Wheatley change totalement de registre avec son second long-métrage à l’intrigante étrangeté. Si les premières minutes du film semblent s’inscrire dans un certain cinéma social à l’anglaise en suivant les problèmes d’argent et de couple d’un homme a priori ordinaire, le long-métrage abandonne assez rapidement cette voie toute tracée lorsque l’on saisit la profession de ce personnage au passé trouble. Tueurs à gages, Jay et son complice habituel acceptent un nouveau contrat de la part de commanditaires aux desseins mystérieux. Dès lors, les protagonistes trempent dans une histoire étrange où l’on croise des individus peu recommandables. Il faudra pourtant attendre le dernier quart d’heure pour qu’un ultime glissement stylistique se produise et que le long-métrage bascule dans une atmosphère très proche (trop ?) de celle de The Wicker man, le chef d’œuvre de Robin Hardy.
Si la réalisation de Ben Wheatley s’avère très correcte, parvenant même à créer une ambiance intrigante, on ne peut s’empêcher de trouver le temps long durant la totalité de la projection, à cause de personnages peu attachants et d’un flottement général dans l’écriture du scénario. A la recherche d’indices qui le mettraient sur la voie de la compréhension, le spectateur a l’impression d’être exclu de la trame du film. Le final, certes choc, nous laisse également sur notre faim en ne donnant aucune clé pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui vient d’être vu. Quels sont les buts poursuivis par les auteurs du complot ? Est-ce un délire paranoïaque créé de toute pièce par le personnage principal ? Autant de questions qui resteront sans aucune réponse. Donnant souvent l’impression de louvoyer entre plusieurs styles et influences, Kill list n’est en aucun cas un mauvais film, mais il manque assurément de rythme et de cohérence pour convaincre totalement.
La bande-annonce : ICI
