Durée : 1h49
Le titre original : Cirque du Freak : the vampire’s assistant
Cette version masculine de Twilight est un divertissement adolescent d’assez bonne facture. On en ressort avec l’envie de découvrir la suite.
L’argument : Darren est un adolescent de 14 ans comme tous les autres. Il traîne avec ses copains, travaille pas trop mal à l’école et évite les embrouilles. Mais quand il tombe un beau jour sur un cirque de monstres ambulant, les choses commencent soudain à changer, et ce exactement au moment où le vampire Larten Crepsley le change en une créature... assoiffée de sang.
Notre avis : Hollywood aura pendant toute la décennie puisé son inspiration dans les sagas littéraires pour enfants et adolescents. On ne compte plus les essais, fructueux ou non, pour mettre sur pied des franchises interminables basées sur des mythologies bien connues et des éléments de merveilleux universels. A ce niveau, même si le box-office n’a pas toujours été concluant (Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire , Stardust, Cœur d’encre, A la croisée des mondes et même Narnia, épuisé dès son deuxième volet), ces productions ont au moins, dans l’ensemble, le mérite de ne pas être des calamités intégrales comme la plupart des produits estampillés ados dans les années 90 !
La dernière tentative de domination du box-office à partir d’un matériau littéraire reconnu est L’assistant du vampire. Comme beaucoup des titres précités, ce film s’avère être un essai plutôt sympathique, faute d’être le nec plus ultra dans le domaine. En produisant les aventures de Darren Shan (identique au nom de l’auteur de la série de romans), un jeune mortel qui doit sacrifier son humanité et devenir vampire pour sauver son meilleur pote, le studio Universal joue à fond la carte des Harry Potter et Twilight, auxquels cette nouvelle saga cinématographique s’apparente énormément.

Comme dans les tomes sur le jeune sorcier, le héros, Darren Shan, doit suivre un apprentissage pour devenir un vrai vampire ; il est aussi destiné à un combat contre des forces maléfiques qui le dépasse totalement. A l’instar de Twilight, il est un jeune homme qui a les crocs, mais c’est un gentil cousin de Dracula. Dans un monde divisé entre les Vampiriks qui tuent leurs proies humaines pour se repaître de leur sang, et les Vampires, qui endorment leurs proies pour siroter un échantillon de leur hémoglobine sans les blesser, il a fait le choix du moindre mal et porte donc le lourd fardeau d’être un gentil freak !
Toutefois, on évitera de dire que L’assistant du vampire pompe ses idées sur la série de bouquins de Stephenie Meyer dont le succès récent a été retentissant. Darren Shan publia le premier roman de Cirque du Freak en 2000 (depuis, suite à l’engouement mondial, il en a écrit 11 de plus !). Ce volet d’ouverture présente ainsi son propre univers, très nostalgique des années 80 où l’on racontait davantage des histoires d’amitié entre ados qui sortaient la nuit sur leur vélo sillonner les allées de leur petite bourgade. Il y est moins question d’histoires de cœur, propres à la saga Twilight, même si, ici aussi, une petite romance pointe en fin de film.
Finalement beaucoup plus masculin que la romantique et ténébreuse adaptation de Stephenie Meyer, ce Cirque du Freak gagne ici en effets spéciaux et en bestiaire fantastique ce qu’il perd en psychologie et en émotions. Plutôt que de revenir sur les sorcières, ghoules et minotaures des Narnia et autre Harry Potter, le film se construit sur le dilemme humain/monstre, essayant de redéfinir aux yeux des jeunes, ce qui caractérise vraiment l’humanité. Aussi, le gros du fantastique porte sur la monstruosité physique, comme dans ces fameuses attractions de fêtes foraines du XIXe siècle, ces zoos humains où l’on exposait la difformité des marginaux (freaks en anglais). Un cadre ancestral propre à nourrir un imaginaire que la caméra de Paul Weitz (American Pie, American dreamz) soutient correctement, sans se singulariser non plus. La réalisation est suffisante pour assurer le divertissement, mais peine à poser les marques d’une franchise inévitable. Allez, soyons francs, on attend quand même la suite.
