Co-réalisateur non crédité : Joe d’Amato
Titre original : Killing birds : uccelli assassini
Autre titre d’exploitation : Zombie 5 : killing birds
D’une totale indigence, ce spectacle horrifique se révèle être une purge de chaque instant. Un naufrage même pas drôle.
L’argument : Un massacre est perpétué dans une maison située dans le bayou en Louisiane. Quelques années plus tard, un groupe d’étudiants venant observer des oiseaux, est pourchassé par des zombis qui ont sans doute un rapport avec la passé de la maison...
Notre avis : Ce Killing birds (1987), devenu en France L’attaque des morts-vivants, est symbolique du déclin de l’industrie transalpine et notamment d’un genre qui brûle ses dernières cartouches : l’horreur glauque et putride. Cette production Joe d’Amato est effectivement un désastre pur et simple, un produit qui tente laborieusement de surfer sur une vogue, sans jamais assurer le minimum syndical. A partir d’une histoire totalement incompréhensible - on ne saisit tout simplement rien de ce qui se passe à l’écran - le cinéaste Claudio Lattanzi enfile les clichés comme des perles. Avec sa mise en scène digne d’un mauvais téléfilm, ses plans désespérément fixes et sans saveur et son interprétation indigente, L’attaque des morts-vivants est un terrible exemple de ce qui pouvait se faire de pire en Italie à la fin des années 80.
Délaissant toute ambition, Claudio Lattanzi ne fait qu’aligner des situations convenues qui irriteront même les fans d’horreur les plus indulgents. Les personnages font visiblement exprès de choisir systématiquement la mauvaise solution, se séparant sans cesse afin d’être des victimes plus faciles pour des zombis totalement indolents, oui, puisque les oiseaux tueurs du titre original (Killing birds, donc) sont accompagnés par une poignée de morts-vivants en toute fin de film !
La particularité de cette ineptie est d’être d’une lenteur confinant à la torpeur. Les étudiants, tellement lisses et stupides, sont insipides et on attend vraiment avec impatience qu’ils meurent une bonne fois pour toute. Enfin, les maquillages sont totalement ratés et la musique, parfois efficace, est souvent bien trop kitsch et ringarde. Avec des produits de ce type, les Italiens ont fini par tout simplement détruire leur crédibilité au point de tuer tout un pan de leur industrie cinématographique.
Et si vous souhaitez le voir pour rire, passez là encore une fois votre chemin, il n’y a rien de drôle dans ce nanar antipathique, contrairement au Falco Terreur / Birds of prey de René Cardona Jr, qui, la même année, redéfinissait les vertiges du bis rigolo. Mais c’était directement en vidéo, car comble de l’horreur, L’attaque des morts-vivants est bien sorti une petite semaine dans les cinémas parisiens avant d’être illico retiré de l’affiche !
